• La méthode Guyamier
    La méthode Guyamier
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Fédérale 3

La méthode Guyamier

Même s’il n’est pas à plaindre, Floirac s’en remet à d’autres valeurs que l’argent pour construire son avenir. Jugez-en par vous-mêmes. 

Quelle étrange relation pourrait-on établir entre une soirée cabaret haut de gamme et un club de rugby de Fédérale 3 ? Aucune, sinon le fait que c’est ainsi, en conviant au magnifique domaine de Conseillant 330 convives, dont les internationaux de l’UBB Poirot, Goujon, Rey, Pélissié, et les Racingmen Machenaud et Thomas, à un évènement qui décoiffe, que le CM Floirac et son jeune président Nicolas Guyamier ont voulu envoyer urbi — le maire Jean-Jacques Puyobrau était présent — et orbi, un signal clair : le rugby floiracais a des ressources. On ne parle pas là de son budget de 380 000 euros, mais de potentiel. Alex Pérès a été un illustre demi d’ouverture des rouge et jaune, il en est aujourd’hui l’entraîneur au côté de Fabrice Nivard et la vision de l’évolution qu’il a connue est éclairante : « Depuis son arrivée le président Nicolas Guyamier nous a emmenés une autre dimension, il a insufflé un nouvel élan, une dynamique forte. Nous sommes fiers de ce qu’il fait pour le club car cela donne une très bonne image. Les joueurs en sont conscients, on aurait aimé connaître ça de notre temps. Ils sont très respectueux envers leur président. » Et tous ceux qui l’ont précédé aux affaires et qui forment autour du boss une garde rapprochée efficace, les Philippe Reulet (partenariat), Pascal Roger (vie associative), Richard Lesbegueries (école de rugby), Jean Annarumma et bien d’autres. L’armée des bénévoles que le président réunit chez lui une fois l’an pour une soirée festive d’intégration est une force réelle.

Des vertus familiales

Disons-le, ce CMF qui s’est exposé sous les sunlights un soir d’avril a une sacrée gueule. Mais qu’en est-il du contenu ? On entre là dans le domaine du (très) jeune président qui peut être fier des Balandrade champions de Côte d’Argent et qui, au-delà, affiche sa vision personnelle du rugby : « En Fédérales, le rugby doit être une chose simple entre les mains d’amateurs. Ce n’est pas dévalorisant de parler d’un rugby de campagne. Pour compléter notre effectif nous privilégions le choix de joueurs venant, soit de centres de formation, soit de plus haut niveau en recherche de reconversion professionnelle et susceptibles de nous faire franchir un cap. Nous n’avons pas les moyens de proposer des contrats avec un budget de 100 000 € dédiés aux seniors, mais nous avons la chance d’être à Bordeaux au cœur d’un large bassin de partenaires et d’emplois. Nous voulons des joueurs compétiteurs dans l’âme. » Les cadres Julien Andrieu, Kévin Malterre, Pierre Dulong ou Jean-Baptiste Beyries se sont déjà inscrits dans cette perspective. Nicolas Guyamier, (bien) conseillé par son ami bordelais Maxime Machenaud, applique à l’échelle floiracaise des recettes d’attractivité employées par certaines sociétés de l’élite. Il est moins question d’argent que de modernité, de convivialité et de partage, et donc, a proposition égale, Nicolas Guyamier fait le pari d’être le plus attractif sur le marché fédéral grâce à un mouvement positif. Et même parfois sur le circuit de Pro D2 puisque le centre dacquois Guillaume Devade sera floiracais la saison prochaine… et il ne sera pas le seul. Vous comprendrez que le but affiché soit un retour en Fédérale 2 après huit ans de séparation. Le manager « historique » Christophe Adam et les coachs Alex Péres et Fabrice Nivard dont l’excellent travail porte ses fruits, se préparent à cette échéance. Cependant, il n’est pas question de déroger aux sacro-saints principes du CMF, et l’enfant du club Alex Péres l’affirme : « On arrive à conserver les vertus floiracaises basées sur l’esprit familial et nous veillons au maintien de nos valeurs humaines. » Et ainsi le rugby floiracais avance.

Par Gérard PIFFETEAU

 

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