Le prix des pros

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Publié le , mis à jour

Le rugby pro est le deuxième sport collectif qui paye le plus en France. Depuis dix ans, les rygbymen du Top 14 sont mieux payés chaque année. Comme n’importe quel salarié, les rugbymen reçoivent un bulletin de paye à chaque fin de mois que nous avons décrypté.

Vincent BISSONNET, Cédric CATHALA, Emilie DUDON et Pierre-Laurent GOU

Les salaires, sujet ultime de curiosité, de débat et de crispation dans notre société. Encore plus dans le sport professionnel, où les économies flambent sans discontinue, logiquement aux yeux de certains, inexplicablement pour tant d’autres. Que l’on comprenne ou non, le constat reste le même. Le rugby n’en finit en tout cas plus de voir la courbe des salaires grimper. Tous les chiffres attestent de cette perpétuelle embellie, de cet emballement général : en dix ans, le salaire moyen d’un joueur de l’élite a connu une hausse de 104 % pour tutoyer la barre des 20 000 € bruts mensuels de revenus « club », la masse salariale moyenne par formation de Top 14 a augmenté de 4,5 millions à 9,2 millions d’euros, le salaire minimum annuel est passé d’environ 30 000 € à 42 000 €… Des chiffres que l’économie réelle française envie ! Et c’est sans oublier le bonus équipe de France, qui peut compter pour 25 % des revenus d’un joueur, sans compter les extras qu’occasionne une sélection chez les Bleus. Le rugby français est orphelin d’un Sébastien Chabal, Thierry Dusautoir et bientôt d’un Frédéric Michalak, seules stars « bankables ». Mais les sponsors des Bleus s’arrachent les services, contre émoluments, de la bande à Jacques Brunel. Ainsi, Guilhem Guirado bénéficie d’un contrat « perso » avec BMW, quand Mathieu Bastareaud est l’une des rares têtes de gondole en rugby d’Adidas. Tout combiné, certaines années, quelques internationaux français peuvent donc espérer empocher plus d’un million d’euros. Et pour les autres ? Les quotas « Jiff » ont permis aux Français et assimilés de voir leur feuille de paye gagner quelques milliers d’euros et les stars étrangères, toujours aussi précieuses, s’offrent une part du gâteau toujours plus grosse, prestige oblige. Cependant, au niveau des zéros, le rugby reste, évidemment, loin derrière le football. Selon le rapport de la DNCG, un joueur de Ligue 1 touche actuellement 73 000 € bruts par mois en moyenne. Soit un rapport d’un à cinq entre les deux sports même si cette donnée est à relativiser car les joueurs du PSG, Neymar, Thiago Motta et autres Cavani gonflent considérablement la bulle. Mais même à Angers ou à Dijon, les artistes du ballon rond perçoivent plus de 25 000 € par mois.

Le rugby, deuxième au niveau des salaires

Les rugbymen consolident tout de même leur deuxième place honorifique au classement des sportifs les mieux valorisés de France, avec une avance conséquente sur les basketteurs de Pro A (environ 11 000 €) et sur les handballeurs de D1 (environ 7 500 €). Des chiffres conditionnés par deux variables majeures : le montant des droits télés et, dans une moindre mesure, les recettes de la billetterie. Dans le sillage du Top 14, toutes les divisions et catégories profitent de cette dynamique positive. En Pro D2 et en Fédérale 1 aussi, les sommes vont crescendo, dans des proportions moindres toutefois. Et, dans ces deux divisions, on peut aussi être estampillé « professionnel » à 1 200 euros par mois. Les joueurs mineurs et les espoirs, aussi, voient leur cote bénéficier de cette croissance globale.

Plus les salaires augmentent, plus le sujet devient complexe, protéiforme. Aux rémunérations de base peuvent s’ajouter des primes diverses et variées et toute une somme d’avantages en nature via des marques ou les réseaux sociaux. Les montages financiers, de manière générale, sont toujours plus alambiqués pour déjouer avec les règles et règlements. Les dirigeants de la Ligue, après avoir brandi des menaces fantômes pendant tant d’années, ont amorcé la contre-attaque en instaurant un salary cap vraiment répressif. Un mal nécessaire à ses yeux. Car, ne l’oublions pas, le rugby vit au-dessus de ses moyens.

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