« On arrête ! »

Damien Couvreur, l'entraineur de Lille, annonce son retrait et celui de Guillaume Bacharach après huit ans de collaboration.

Avec le recul, comment analysez-vous votre défaite en demi-finale après avoir remporté le match aller à Toulouse ?

Je crois que nous avons vécu une défaillance psychologique liée aux circonstances de notre préparation. Beaucoup de nos joueuses savaient nous quitter à la fin de la saison. Shanon Izard, qui va privilégier le rugby à VII, Alex Perthus, Virginie Grière, Laetitia Estève, Stéphanie Ricart, et Donia Khiter, jouaient leur dernier match au stadium. On en avait parlé, il y avait beaucoup d’émotion, et sans doute beaucoup trop. Nous avons complètement raté notre première mi-temps. En face, les Toulousaines ont joué un rugby réaliste et opportuniste. Elles nous ont enfoncés, et avec dix-sept points de retard au repos, la mission était devenue très difficile.

Avec tous ces départs, c’est la fin d’un groupe. Comment allez-vous gérer la saison prochaine ?

Je ne la gérerai pas. C’est effectivement un nouveau cycle qui s’ouvre pour l’équipe. Et qui dit nouveau cycle, dit besoin d’un nouveau discours. Avec Guillaume, nous avons décidé d’arrêter. Nous n’entraînerons plus Lille la saison prochaine.

Pourquoi ? Sentez-vous que le message ne passe plus ?

Non, ce n’est pas le problème. Nous ne vivons absolument aucun sentiment de lassitude. Mais les filles ont toujours besoin de s’enrichir. C’est une nécessité. Elles ont besoin de nouvelles méthodes d’entraînement et d’un nouveau dialogue avec leur encadrement. Beaucoup de nos historiques ne seront plus là, mais le noyau de l’équipe sera toujours en place, auquel vont s’agglomérer nos cadettes et de nouvelles joueuses. La dynamique restera la même. Il faut l’entretenir avec de nouvelles personnes.

Qui vous succédera ?

Notre départ n’était pas encore officiel. Nous ne l’avions pas annoncé aux filles avant la demi-finale. Nous en discuterons avec elles ce soir. À partir du moment où la nouvelle sera connue, le club recevra des propositions. Les dirigeants choisiront les meilleures personnes pour nous remplacer.

Quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Nous avons vécu des instants magnifiques. Nous sommes arrivés il y a huit ans après une descente en Armelle-Auclair. Nous avons eu la chance de pouvoir bâtir avec un noyau stable de joueuses extraordinaires. C’était que du bonheur. Nous avons adoré ça. Mais les filles ont besoin d’un autre son de cloche à partir de maintenant.

Propos recueillis par G.C.