…Quelles conséquences ?

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    …Quelles conséquences ?
Publié le , mis à jour

Après les finales européennes à Bilbao, les demi-finales du Top 14 disputées dans un grand stade de foot ont eu pour conséquence de voir les équipes. En présence évoluer sur des terrains aux en-but anormalement raccourcis. Ce qui demeure tout sauf anodin dans l’approche d’un match…

D’abord, un petit point de règlement. Quelle que soit la division, le règlement stipule que la taille d’un en-but doit être comprise entre 10 et 22 mètres. Sauf cas de dérogation exceptionnelle… Le truc? C’est que si les Britanniques s’avèrent souvent peu scrupuleux à l’instant de donner des dérogations, les instances françaises le sont beaucoup plus. Et à raison, il va sans dire. Des scrupules qui peuvent parfois se muer en zèle lorsqu’il s’agit, au moment des phases finales de Fédérale, de pinailler pour quelques centimètres. On connaît quelques employés municipaux qui pourraient en témoigner… Or, paradoxalement, c’est lorsque le niveau de jeu augmente que les dérogations deviennent les plus faciles à obtenir. Preuve en a encore été faite à Lyon où pour superbe qu’il soit, le Groupama Stadium ne présentait des en-but longs que de six petits mètres. «Visuellement, ça interpelle un peu, confirmait le demi de mêlée de Lyon Jonathan Pélissié. On sait que cela laisse moins de marge d’erreur quand on utilise le jeu au pied, par exemple. Ça change un peu le jeu.» Et pour tout dire, deux semaines après des finales européennes disputées à Bilbao avec des en-but ridiculement courts, le rugby de haut niveau ne donne pas forcément le bon exemple…

Possibilités tactiques restreintes

Pourquoi? Parce que des en-but raccourcis dénaturent tout simplement l’essence du jeu, en appauvrissant les possibilités tactiques. Entendez par là qu’il est beaucoup plus facile de trouver des espaces au pied dans le dos d’une défense lorsque l’en-but fait 22 mètres que lorsqu’il en mesure six. De quoi obliger la défense à se montrer plus attentive quant au troisième rideau, donc moins sur le premier, et favoriser de fait le jeu à la main… Un cercle vertueux qui se transforme naturellement en vicieux, proportionnellement au raccourcissement des en-but… Ne vous étonnez donc pas vraiment si la finale de Champions Cup, ainsi que les demi-finales, furent aussi pauvres en essais… «Les joueurs qui avaient déjà évolué dans le grand stade de Lyon nous avaient prévenu, témoignait le centre de Montpellier Alexandre Dumoulin. Comme le terrain est plus court, il y a moins d’espace dans le dos de la défense, et cela devient beaucoup plus difficile d’exploiter cette possibilité. En matière d’attaque, cela prive forcément de certaines solutions, et on s’en sert fatalement en défense. Même si on sait qu’il faut être vigilant sur toutes les formes de jeu, on sait que l’adversaire aura les mêmes difficultés que nous à exploiter l’espace dans le dos du premier rideau. Cela peut permettre d’être un peu plus dense, et surtout de monter de manière encore plus agressive.» Des propos confirmés par le manager du Lou, Pierre Mignoni. «Quand on évolue face à des équipes dont on sait qu’elles marquent beaucoup d’essais par le pied de passes au pied, c’est forcément pénalisant pour elles. C’est donc une donnée qu’il faut prendre en compte, même si ce n’est pas la seule.»

L’autre corollaire? C’est qu’avec des en-but plus courts, le jeu au pied d’occupation peut s’en trouver modifié. Entendez par là que, sachant que le moindre mauvais rebond peut conduire le ballon à sortir en ballon mort, les botteurs ont tout intérêt à se montrer très prudent lorsqu’ils souhaitent dégager leur camp. «C’est vrai que dans ce cas de figure, il faut faire très attention, confirme Dumoulin. Si on veut occuper le terrain, il suffit d’un mauvais rebond pour que le ballon sorte de l’aire de jeu, alors il faut doser ses jeux au pied de manière très précautionneuse. Pareil dans le cas de jeux au pied offensif dans l’en-but : il faut se montrer particulièrement précis, si on veut capter les ballons dans le terrain.» Des difficultés supplémentaires qu’on ne peut que regretter, auxquelles les joueurs devront s’adapter. Et cela peut priver de certaines opportunités…

Nicolas Zanardi
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