Maîtres de l’infériorité

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Publié le , mis à jour

Comme en barrages ou en demi-finale, les Castrais sont parvenus à négocier à merveille une période d’infériorité numérique. Une capacité à tenir à quatorze pendant l’exclusion de Jacquet qui n’est évidemment pas pour rien dans l’obtention du Brennus…

On ne va pas ici vous refaire l’histoire du petit Poucet et de l’ogre, tant l’image a savamment été entretenue par les Tarnais tout au long de la semaine, histoire de subtilement faire endosser la chape de plomb du favori aux Montpelliérains. Part de vérité ? Sans doute. Mais plus sûrement un sentiment d’infériorité dont les Tarnais savent se nourrir pour régulièrement renverser les montagnes… Parce qu’en matière d’infériorité, les Castrais en connaissent justement un rayon, eux qui ont poussé le vice durant toutes leurs phases finales à passer un moment à quatorze, après le carton rouge de Jenneker à Toulouse et le jaune de Dumora face au Racing… Cette fois, ce fut le deuxième ligne Loïc Jacquet qui écopa de la sentence à la 55e minute, laquelle aurait tout à fait pu échoir à Benjamin Urdapilleta, auteur de deux fautes grossières sous ses poteaux. Une expulsion temporaire synonyme d’essai de pénalité dans la foulée et de retour des Héraultais à -6 au tableau d’affichage, qui aurait pu faire valeur de tournant du match… Sauf qu’il n’en fut rien. « C’est évidemment un désavantage que d’évoluer à quatorze, mais cela peut aussi paradoxalement devenir un atout, souriait le flanker castrais Mathieu Babillot. Inconsciemment, quand tu es un de moins, tu te consommes moins inutilement dans les rucks, tu fais l’effort de te relever plus vite, de bien reconstituer la ligne… Et puis, avec la saison que nous venons de traverser, nous avions un peu l’habitude… Durant l’hiver, nous étions déjà parvenus à l’emporter à Clermont malgré un carton jaune. Depuis, on sait que c’est possible. Et cela nous a servis à travers toutes nos phases finales, au moment de résister sur notre ligne face au Racing, ou de tenir contre Montpellier. » « Même quand l’arbitre a sifflé l’essai de pénalité après le carton jaune de Loïc, je n’ai pas eu peur, témoignait le deuxième ligne Rodrigo Capo Ortega. Je savais que nous avions les moyens de retourner chez eux et d’y rester pendant dix minutes. »

L’erreur de Picamoles 

Cette occasion ? Elle se présenta dès le renvoi, où Louis Picamoles commit un énorme péché d’orgueil à la réception du ballon, en voulant lutter debout plutôt que d’assurer une libération propre. Coffré par Babillot et Combezou pour avoir voulu faire le mètre de trop, celui-ci rendit une munition cruciale au CO, dont ceux-ci surent faire bon usage. « J’étais monté en deuxième ligne sur la mêlée précédente, ça ne s’était pas très bien passé, souriait Anthony Jelonch. Pour assurer celle-ci, j’ai donné tout ce que j’avais. Et nous avons réussi à vite extraire le ballon. » Le prélude à une longue séquence, suivie d’une tentative de drop manquée par Urdapilleta. Qu’à cela ne tienne, sur le renvoi aux 22 suivant, les Tarnais surent encore confisquer le ballon, jusqu’à mettre à la faute la défense adverse. « Quand on est un de moins, la clé, c’est de ne pas faire de folie et conserver le ballon. À cet instant du match, on savait que le temps jouait pour nous et que les Montpelliérains étaient susceptibles de craquer au niveau de la discipline. C’est ce qui s’est passé. » Le CO parvenant à récupérer trois points de ce temps fort en infériorité numérique tandis que, juste avant le retour du carton jaune, Pienaar trouvait encore le moyen de vendanger une pénalité des quarante mètres dans l’axe des poteaux, empêchant les siens de revenir à une portée d’essai. La messe était dite…

Nicolas Zanardi
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