Après la gifle...

Sévèrement battu à Auckland (52-11) lors du premier test-match, le périple du XV de France en Nouvelle-Zélande est parti pour tourner à la bérézina face à des Blacks appelés à monter en puissance.

«Je l’attendais cette question », a répondu Jacques Brunel avant de se tourner vers Mathieu Bastareaud pour lui passer le relais. La question la voici : « La tournée ne va-t-elle pas être un peu longue maintenant ? » Il est vrai que ce premier test à Auckland semblait être le plus abordable pour les Tricolores. Manque de préparation chez les Blacks, annonce de Steve Hansen d’un début de travail de fond pour changer de système de jeu, joueurs fatigués par la dernière journée de Super Rugby et mise en route traditionnellement poussive pour le premier match de la saison des All Blacks. Pourtant, les Bleus ont encaissé 52 points et 8 essais, soit une belle fessée. Voilà qui ne présage rien de bon pour le prochain test à Wellington et encore moins pour celui de Dunedin pour une tournée qui se présente maintenant comme un long chemin de croix. Mathieu Bastareaud a alors tenté de rassurer l’assistance, brandi la fierté en étendard quand certains de ses partenaires évoquaient la beauté du sport, que le week-end suivant peut venir effacer celui d’avant. Rien de nouveau ni de bien rassurant mais finalement un peu angoissant car les leviers d’une éventuelle révolte ne sont pas légions et les âmes sont meurtries. « Les garçons sont touchés, reconnaissait Jacques Brunel au lendemain de cette énorme désillusion. On l’est toujours, quand on prend autant de points, surtout dans une partie dans laquelle on croît rivaliser et que, tout d’un coup, ça bascule. » Une bascule pour le moins impressionnante. L’expérimenté Yoann Maestri ne le cachait pas dans les couloirs de l’Eden Park : « C’est une grosse claque. Il faut le dire. Il y encore un cran entre nous et les meilleurs. Et les All Blacks, ce sont les meilleurs. »
Comment espérer mieux dans moins d’une semaine ? Au regard de cette première confrontation, difficile de trouver une réponse même si Jacques Brunel ne veut pas baisser les bras : « Je ne sais pas si ce match-là est significatif de la différence entre les deux équipes. J’espère que non, j’espère qu’on sera en capacité de montrer un autre visage, en étant à la lutte jusqu’à la fin de la partie. » Dimanche, le staff technique s’est enfermé tout l’après-midi dans la salle vidéo pour analyser cette gifle et trouver quelques remèdes pour des joueurs bien cabossés. à 18 heures, le capitaine Mathieu Bastareaud, entouré de ses proches lieutenants, avait une réunion avec l’encadrement pour définir les axes de travail pour la semaine à venir, avant de retrouver l’ensemble du groupe une heure plus tard. Pour se tourner vers Wellington.