Retour à la guerre

Les Bleus étaient unanimes sur un point, après la rencontre : pour Wellington et le deuxième test-match, il faut revenir « aux fondamentaux ». Une manière polie de dire que l’équipe de France devra sérieusement réinvestir, dans six jours, les zones de ruck sciemment désertées à l’Eden Park.

« Notre stratégie, c’était plutôt de ne pas nous consommer dans les rucks. C’est vrai, il faudra certainement y retourner », confiait après le match Camille Chat. Le talonneur du Racing 92 fut un des seuls à batailler, samedi à Auckland, sur les points d’impact. Il était aussi un des rares à reconnaître, à demi-mot, la nécessité de mieux faire dans ce secteur. 

En des termes plus mesurés, ses coéquipiers laissaient pourtant entendre la même voix. « Il faut les agresser, dans des proportions peut-être plus grandes que ce que nous avons fait samedi », reconnaissait Maestri. « Je pense qu’on a parfois manqué d’agressivité. Sur nos coups d’envoi, par exemple. Globalement, je pense que les Néo-Zélandais n’aiment pas trop être agressés. Nous aurions dû mettre un peu plus de virulence dans notre jeu », appuie le capitaine Mathieu Bastareaud, dans l’interview qu’il nous a accordée au lendemain de la déroute. 

Parce que les All Blacks constituent une équipe définitivement à part : inaccessibles dès que le jeu s’accélère, grâce à leur vitesse individuelle mais, surtout, leur qualité d’exécution collective, les Néo-Zélandais peuvent souffrir dans l’exercice d’un combat plus primaire. « Les All Blacks ne sont pas si physiques. Les Sud-Africains, oui. Les Springboks, quand vous les jouez, vous passez ensuite 48 heures dans le formol. C’est ce qu’ils aiment et ce qu’ils recherchent. Ce n’est pas le cas des All Blacks », poursuit Bastareaud. Une piste que ne privilégie pas Jacques Brunel, qui préfère insister sur les fautes de placements et les errements du système défensif. L’Auscitain reconnaît toutefois, in fine, que le combat tiendra une part prépondérante à Wellington : « Pour battre les All Blacks, il faut mettre beaucoup d’ingrédients. Le jugement, le discernement, la communication et l’agressivité. » Bastareaud, après le match, donnait rendez-vous à Wellington pour un combat dantesque. Ce sera primordial.