Touche à rien

Jamais dans le coup, le secteur de la touche a coûté cher aux Bleus, entre les ballons perdus et les annonces décryptées par l’alignement néo-zélandais.

L’échec est sérieux. Cinq touches caviardées sur douze lancées, en tout, indique le compte rendu statistique livré après le match. C’est en fait pire. Dans les sept touches « gagnées », on compte celle immédiatement perdue sur un en-avant et celle où Fabien Sanconnie, en déviation, fusillait Morgan Parra sous la pression néo-zélandaise. Donc un lancement de jeu inexploitable. Au moment d’évoquer ce secteur, dimanche, Jacques Brunel n’y allait pas par quatre chemins. « En touche ? On a perdu les pédales. » Voilà qui a le mérite d’être clair. « Pourtant, il y avait des solutions. Dieu merci puisqu’on travaille toute la semaine pour trouver des solutions. Elles y étaient. Mais nous nous sommes trompés. Leur défense a varié, bougé. Les réponses, nous les avions en mains. Mais on n’a pas fait les bons choix. » Les réponses, c’est Yoann Maestri qui était missionné pour les trouver. Chose que le deuxième ligne n’a jamais su faire, comme il l’admettait, en toute honnêteté. « C’était ma responsabilité. Notre échec en touche, il est pour moi. Les Néo-Zélandais réagissaient drôlement bien à nos combinaisons. Vraiment bien… Visiblement, ils connaissaient beaucoup de choses de nos annonces et nos lancements. Chapeau à eux. »

Sevrés puis acculés

A ce niveau de compétition, les répercussions d’une telle faillite sont immenses. Presque irréversibles. Elles l’ont été à deux égards, pour les Bleus. En première période, elles les ont privés de munitions précieuses, qui leur aurait permis de mettre quelque peu leur jeu en place. « Même nous, par rapport à ce que nous avions envisagé, nous n’avons presque rien fait en première période. Aucun de nos lancements prévus. C’était haché, sans rythme. Je n’ai pas le temps de jeu en tête mais c’est famélique ! », reconnaissait Brunel. Bizarrement, leur seul lancement de jeu correctement exécuté est venu sur touche, avec un lancer à l’entrée des 22 m all blacks qui lobait l’alignement et atterrissait dans les mains de Rémy Grosso, venu lancer défier la défense adverse. 

Mais ces errements de la première période ne sont rien au regard de la deuxième. Acculés dans leur camp, les Bleus ne trouvaient que de rares occasions de se dégager. En perdant immédiatement le ballon sur touche, ils ne trouvaient pourtant jamais le moyen de se soulager. La suite, on la connaît.