Une page de tournée

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Publié le / Mis à jour le

Le quinze de France a disputé huit matchs sous l’ère Brunel, il en reste huit avant l’annonce du groupe retenu pour disputer la prochaine Coupe du monde 2019. Quels sont les joueurs qui ont profité de ces trois tests pour revenir dans la course ?

Jacques Brunel a répété à l’envi qu’il ne resterait plus que huit matchs en quittant la Nouvelle-Zélande. Huit matchs avant qu’il ne choisisseles heureux élus appelés à représenter la France lors de la Coupe du monde 2019 au Japon. Huit, c’est aussi le nombre de matchs joués depuis son arrivée à la tête des Bleus en janvier dernier. En six mois, il vient d’effectuer la moitié du chemin. Certains ont déjà quitté l’aventure, d’autres s’accrochent tant bien que mal au bon wagon mais il est sûr qu’il sera de plus en plus difficile de prendre le train en marche. Jacques Brunel va analyser toutes les performances des joueurs depuis le premier match au Stade de France face à l’Irlande jusqu’à cette troisième défaite face aux AllBlacks à Dunedin au terme d’une tournée où le sélectionneur avait convoqué quatorze nouveaux par rapport au groupe qui avait disputé le Tournoi. L’heure est maintenant aux choix. « C’est en novembre que nous verrons sans doute les leçons que nous avons tirées de ces huit matchs », glissait le sélectionneur avant de quitter Dunedin dimanche matin. 

Les revenants Atonio, Parra,Fofana, un trio gagnant 

Le plus grand gagnant de cette tournée est certainement le pilier rochelais Uini Atonio. Jamais appelé dans le groupe France pendant le Tournoi des 6 Nations, son avenir en équipe de France semblait alors derrière lui. Ses prestations en club, où il paraissait émoussé, ne parvenaient pas à convaincre le nouveau staff de lui donner sa chance derrière Rabah Slimani de nouveau propulsé numéro un du poste. Le Rochelais lui a ravi la place en Nouvelle-Zélande commençant les trois rencontres sans que personne n’y trouve à redire. De son côté, Slimani a disparu de la feuille de match dès la première défaite à Auckland. 

Les Clermontois Morgan Parra et Wesley Fofana étaient eux beaucoup plus attendus. Ils auraient déjà dû être présents dès le Tournoi s’ils n’avaient pas été freinés par des blessures. Le premier s’est tout de suite imposé comme le lieutenant du capitaine Mathieu Bastareaud. Titulaire à trois reprises, il a même pris les galons de capitaine pour le dernier test. Un signe fort de Jacques Brunel, confirmant ainsi que Parra sera un de ses hommes de base. Wesley Fofana était attendu avec impatience depuis novembre 2016. Touché à un tendon rotulien à son arrivée en Nouvelle-Zélande, il a dû attendre le dernier test pour retrouver le terrain. Avec brio. Il a été un des animateurs de la bonne première mi-temps des Bleus. 

Des remplaçants qui ont saisi leur chance : Chat, Le Roux, Belleau 

L’absence de titulaires (blessures, repos) débouchait l’horizon de certains joueurs habitués au banc. C’était le cas du Racingman Bernard Le Roux, revenu dans le groupe France lors des deux derniers matchs du Tournoi dans un rôle de remplaçant. Il a aussi débuté la tournée sur la touche avant d’être un des hommes des deux tests suivants. Troisième dans la hiérarchie cet hiver, Camille Chat a lui démontré qu’il était l’option la plus crédible derrière le capitaine Guilhem Guirado. Enfin, Anthony Belleau, remplaçant lors des deux premiers matchs du Tournoi avant de sortir du groupe, a répondu présent, enchaînant trois titularisations. Même si tout n’a pas été parfait, Jean-Baptiste Elissalde a rappelé que « plus il jouera, plus il sera bon. » 

Des espoirs non confirmés : Pélissié, Gabrillagues, Doumayrou

Ils avaient été les grands gagnants du dernier Tournoi des 6 Nations. Ils ont été moins convaincants en cette fin de saison, certainement émoussés par un rythme qu’ils ont découvert ces derniers mois. Le Girondin Adrien Pélissié a été en grande difficulté lors du premier test. Brunel lui a donné une autre chance à Dunedin. Sans grand résultat. Le deuxième ligne du Stade français Paul Gabrillagues, qui avait très bien fini le Tournoi, a enchaîné une quatrième titularisation à Auckland avant de glisser sur le banc à Wellington et de finir hors du groupe à Dunedin. Le Rochelais Geoffrey Doumayrou a disputé les deux premiers matchs. Outre le fait qu’il n’arrive pas à aplatir pour conclure une action magnifique à Wellignton, il a souffert de la comparaison avec Fofana.

Des jeunes encore tendres : Sanconnie, Cancoriet, Baille

Jacques Brunel voulait profiter des absences pour voir de jeunes joueurs dans un contexte difficile. Fabien Sanconnie et Judicaël Cancoriet étaient titulaires à Auckland. Ils ont souffert du rythme imposé par les All Blacks. Le Clermontois est de suite reparti avec les Barbarians dès les arrivées de Mathieu Babillot et de Kélian Galletier. Le Briviste l’y a rejoint une semaine plus tard après être sorti du groupe à Wellington. Enfin, le pilier gauche Cyril Baille, remplaçant à trois reprises, a souffert de la comparaison avec Dany Priso qui a aujourd’hui plus d’une longueur d’avance.

Les inclassables : Thomas, Fickou,Bastareaud

Ils sont toujours attendus comme les facteurs X de cette équipe. À l’image de cette chevauchée de Teddy Thomas dès les premières minutes du test d’Auckland. L’ailier du Racing 92 n’a pas fait d’étincelles lors des deux matchs suivants. Gaël Fickou est aussi bourré de talent mais ses prestations sont mitigées malgré quelques coups d’éclats dans le secteur offensif, notamment à Dunedin. Les deux ailiers ont néanmoins montré des hésitations sur les placements et les phases défensives. Enfin, Mathieu Bastareaud s’impose toujours plus comme un leader de cette équipe. Muselé à Auckland, il a su remobiliser ses troupes à Wellington en étant plus incisif, en attaque et en défense. Mais les Bleus ont été plus inspirés offensivement à Dunedin quand il n’était pas là.

Nicolas Augot
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