La touche, chantier prioritaire

  • La touche, chantier prioritaire
    La touche, chantier prioritaire
Publié le / Mis à jour le

Le secteur de la touche a clairement posé de gros problèmes aux Tricolores qui ont laissé beaucoup de munitions face à une équipe néo-zélandaise qui n’en demandait pas tant.

Une de perdue, treize de retrouvées ! Les All Blacks ont fait mieux que le dicton populaire. En trois test-matchs face à l’équipe de France, les hommes de Steve Hansen n’ont perdu qu’une seule munition en touche. Une quasi-perfection à dégoûter les Bleus, qui ont vécu un véritable calvaire dans ce secteur, y perdant treize ballons. Il faut y ajouter toutes ces balles gardées tant bien que mal, récupérées sous pression, ne permettant pas de lancer le jeu. Au terme du troisième test, le flanker de Montpellier Kélian Galletier s’en excusait presque : « J’en assume pleinement l’échec, pour faire partie du groupe des joueurs responsables de ce secteur. Oui, notre touche n’a pas été bonne sur l’ensemble de la tournée. On ne peut pas jouer au rugby sans ces ballons. »
Ils ont tout essayé : des combinaisons avec un leurre pour réclamer le ballon juste devant le couloir des cinq mètres, des lancers au-delà de la ligne des 15 mètres mais Sam Whitelock et Scott Barrett, les deux tours de contrôle néo-zélandaises, se sont régalées, allant jusqu’à capter des lancers tricolores à deux mains. Rien de mieux pour diffuser un doute paralysant dans les rangs français. D’autant plus que le dernier match du Tournoi des 6 Nations, au pays de Galles, avait déjà été inquiétant dans ce secteur avec seulement six ballons gagnés sur onze lancers. Forcément, Julien Bonnaire, récemment promu entraîneur en charge de l’alignement, se retrouve sur le gril. Pour le moment, il n’a pas trouvé la solution.

Impossible de lancer le jeu

Après la première performance catastrophique à l’Eden Park d’Auckland, l’entraîneur des avants du Racing 92 Laurent Travers, invité à observer le travail des Bleus lors des deux premiers tests, n’avait pas pu résister à apporter son expertise à la fin de l’entraînement du mardi suivant, en improvisant une séance de tableau noir avec Jacques Brunel, Julien Bonnaire, Sébastien Bruno et Yoann Maestri qu’il faisait bouger comme des pions.
Las, les effets sont restés maigres. En regardant simplement les statistiques, les Bleus pourraient se féliciter d’une progression au cours de la tournée, puisqu’ils n’ont perdu « que » trois ballons à Dunedin alors qu’ils en avaient laissé cinq en route à Wellington et Auckland. Mais le déchet est immense, et particulièrement impactant sur la mise en place d’une stratégie. « À certains moments, il nous aurait par exemple fallu ralentir le jeu » analysait, par exemple, Jacque Brunel après la rencontre. Kélian Galletier lui répondait encore. « Notre touche n’était pas bonne. Si on voulait ralentir et sortir plus calmement, en trouvant les touches, on perdait le ballon. » Franchement dommage, la touche étant aujourd’hui le lancement le plus intéressant, puisqu’il offre toute la largeur du terrain pour combiner, et mêler des avants au jeu de ligne sur des combinaisons préétablies.
Ainsi contraints par leurs faiblesses dans l’alignement, les Bleus ont donc joué. Jusqu’à surjouer, et s’exposer aux missiles des All Blacks. « L’explication de nos défaites commence l’analyse des faiblesses en touche », concluait ainsi Galletier. Rédhibitoire.

Nicolas Augot
Voir les commentaires
Réagir