L’été des grands blessés

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    L’été des grands blessés
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Absents, ils n’ont pas participé à la tournée des Bleus en Nouvelle-Zélande en raison de blessure mais font partie du groupe France élargi.

Il reste huit matchs au staff du XV de France avant de devoir arrêter la liste des joueurs retenus pour la Coupe du monde au Japon. Huit matchs et moins d’un an, qui devront amener la confiance et les certitudes dont manquent tant les Bleus depuis des mois, sous peine de revivre un Mondial cauchemar, comme l’avait été celui en Angleterre en 2015. Au sortir d’une tournée en Nouvelle-Zélande à trois défaites, le bilan n’est peut-être pas aussi sombre qu’il y paraît, quelques jolis mouvements offensifs ayant fait renaître l’espoir de retrouver dans un avenir proche le French flair perdu quelque part entre la défaite en Italie dans le Tournoi 2013, le quart de finale de Coupe du monde historiquement calamiteux contre les Blacks en 2015 et la désastreuse tournée en Afrique du Sud à l’été 2017.
 
Une chose est sûre cependant : pour espérer bien figurer au pays du soleil levant dans un an, la France devra compter sur toutes ses forces vives. Ce n’était pas le cas ces dernières semaines en Nouvelle-Zélande, tant s’en faut. Pour aller affronter la meilleure équipe du monde, les Bleus ont dû se passer, pêle-mêle, de leur capitaine Guilhem Guirado, de Maxime Machenaud, Brice Dulin, Camille Lopez, Louis Picamoles, François Trinh-Duc, Antoine Dupont, Yacouba Camara ou encore Gabriel Lacroix, Eddy Ben Arous, Paul Jedrasiak, Matthieu Jalibert, Geoffrey Palis, Marco Tauleigne, Virimi Vakatawa et Alivereti Raka, à qui on promettait une première sélection. Sans oublier Jefferson Poirot et Sébastien Vahaamahina, tous les deux suspendus.
 
Alors que leurs coéquipiers internationaux viennent de rentrer et de prendre des vacances bien méritées après une saison à rallonge, ces joueurs-là ne sont pas près de souffler, pour la plupart d’entre eux. Certains ont été laissés au repos, à l’image de Guilhem Guirado qui, après avoir été surutilisé durant plusieurs saisons, a été ménagé pour soigner ses genoux. D’autres, qui avaient été blessés longuement durant la saison, n’ont pas retrouvé l’intégralité de leurs moyens et n’ont pas été retenus pour le voyage chez les Blacks, comme c’était le cas des ouvreurs Camille Lopez et Matthieu Jalibert. Ils profitent de l’été pour travailler leur forme physique et revenir à leur meilleur niveau dès le début de la saison et tenter de se refaire une place au sein du groupe France.
 

Le temps de soigner les petits et les gros bobos

 
D’autres encore sont en pleine convalescence, tels le Bordelais Marco Tauleigne, au repos forcé en raison de commotions cérébrales à répétition, le Toulonnais François Trinh-Duc, qui s’est fracturé le bras lors des phases finales du Top 14 ou le Racingman Virimi Vakatawa, opéré d’une pubalgie en juin. Victimes d’une rupture des ligaments croisés d’un genou, Maxime Machenaud, Brice Dulin, Geoffrey Palis, Yacouba Camara, Paul Jedrasiak, Antoine Dupont, Gabriel Lacroix et Alivereti Raka sont en cours de rééducation, à des stades plus ou moins avancés. Le Fidjien, qui s’était blessé en décembre, est le plus avancé. Lacroix, Dulin ou Dupont pourraient faire leur retour autour d’octobre. Blessés en dernière partie de saison, Camara, Jedrasiak, Palis, Machenaud et Jedrasiak reviendront plus tard, même si la durée de convalescence dépend de chacun.
 
Pour tous cependant, c’est une course contre la montre qui est lancée pour tenter de revenir le plus vite possible. Ils n’ont pas une minute à perdre en vue de la saison à venir… et du Mondial ! Car les places sont chères en Bleu. à la mêlée par exemple, Antoine Dupont et Maxime Machenaud ont vu revenir (de blessure aussi) Morgan Parra, qui s’est affirmé comme le leader attendu en Nouvelle-Zélande. Ainsi, l’été n’est pas synonyme de vacances, comme nous l’expliquait le demi de mêlée du Racing 92 il y a quinze jours : « Je serai à Arcachon durant tout le mois d’août mais je ferai de la rééducation tous les matins. Je ne peux pas couper. J’aurai sûrement une semaine de vacances en octobre, comme tout le monde. » En attendant, le joueur fait contre mauvaise fortune bon cœur et profite de ce coup du sort pour tenter de soigner tous les autres petits bobos accumulés les années passées. « Mon objectif est de revenir au même niveau […] Peut-être même que je serai meilleur après, plus fort dans la tête et d’autres domaines que j’aurai le temps de travailler. » C’est l’enjeu pour tous les grands blessés des Bleus cet été, qu’ils soient titulaires indiscutables ou qu’ils frappent juste à la porte. Car le Japon, c’est demain.
Emilie Dudon
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