Les jours d’après

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Publié le , mis à jour

Maintenus après une saison rafraîchissante l’an passé, les agenais se trouvent devant un vrai tournant pour le futur du club : ils doivent maintenant confirmer pour pérenniser le sualg dans l’élite et continuer à grandir, à tous les niveaux.

Agen a donc terminé onzième du Top 14 l’année de sa remontée, sept points devant le barragiste, Oyonnax, et dix devant le relégué briviste.Une vraie surprise, on ne va pas se le cacher, alors que tout le monde ou presque promettait au promu une redescente directe. Et cette année ? Pour tout dire, le SUALG est encore mis dans le même panier que les nouveaux arrivants, Grenoble et Perpignan. Les Agenais eux-mêmes s’attendent à ce que la saison soit « dure, à tous les niveaux, reconnaît le président Jean-François Fonteneau. Il y a une grande inquiétude évidemment, car une deuxième année en Top 14 est toujours un gros point d’interrogation. On ne sait pas où on va.Nous avons été un peu pris de court puisque nous étions plutôt candidats à la descente qu’au maintien. A partir de là, c’est plus difficile de bâtir… Mais il y a aussi beaucoup d’envie et de détermination, qui font que nous n’avons pas peur de ce vide. Notre modèle a bien fonctionné l’an passé. »

exigence et expérience

Un modèle basé sur la formation qui a payé, avec tous ces jeunes formés au club, les Marchois, Béthune, Miquel, Hériteau et autres Fouyssac, qui ont crevé l’écran. Ce dernier n’est plus là, tout comme le capitaine Antoine Erbani ou les meilleurs marqueurs de l’équipe, George Tilsley et Filipo Nakosi. Pour les remplacer, pas de grand nom. Le recrutement agenais a été très sage, alors que celui de l’an passé s’est révélé mitigé (neuf joueurs encore sous contrat ont été libérés, dont l’une des stars de l’effectif, Akapusi Qera). Le manager Mauricio Reggiardo le défend : « Nous avons rencontré toutes les recrues. Nous connaissons les hommes qui ont intégré le groupe ainsi que leurs qualités rugbystiques et nous savons qu’ils entreront très bien dans notre façon de fonctionner et dans notre rugby. » Pour « continuer d’exister au plus haut niveau » comme le souhaite le président, les Agenais ont donc fait le pari de la jeunesse une nouvelle fois. Leur modèle économique ne permettait pas beaucoup plus (le budget sera quasiment similaire à celui de l’an dernier, autour de 14 millions d’euros). Ils feront aussi encore le pari du jeu, qui a surpris l’an passé et fut la base de leur maintien. Reggiardo n’en démord pas : « Notre objectif, nous l’annonçons très clairement, est le maintien. Mais ce ne sera pas à n’importe quel prix. Si je dois signer pour rester en Top 14 en jouant comme l’équipe de foot de l’Italie, je dis non. Il faut respecter l’identité et les valeurs du club. Ca, ce n’est pas négociable. »
Il n’y aura plus d’effets de surprise cette année, alors les Agenais ont décidé de « monter tous les curseurs » pour être capables de rivaliser : « Je vais vous donner un exemple, détaille le technicien argentin. L’an dernier, quand on avait rendez-vous à 9 heures, un joueur qui arrivait à 8 h 59 n’était pas en retard. Mais le temps qu’il dise bonjour et s’installe, il était prêt mentalement à 9 h 02. C’est fini. Si la séance de vidéo commence à 9 heures, le joueur devra être prêt à 9 heures pile. Ce sont des petits plus qui feront la différence. En 2016, nous avions parlé d’efficience. L’an passé de rigueur, plaisir et respect, en plus d’efficience. Nous y ajoutons exigence. »
L’autre atout des Agenais à l’aube de cet exercice, c’est le petit bout d’expérience en plus qu’ils auront par rapport aux Perpignanais et aux Grenoblois. « On n’aura pas d’excuse si on fait un mauvais début de championnat cette fois », prévient Mauricio Reggiardo. Jean-François Fonteneau l’assure : « Tous les voyants sont au vert. Mais on sait qu’ils peuvent vite passer à l’orange ou au rouge si on rate l’entame. Une descente ne serait pas la fin du monde mais nous avons pris goût au plus haut niveau. Surtout, tout serait plus simple, dans tous les secteurs, si Agen pérennisait sa place en Top 14. Et ce serait un signal fort compte tenu du modèle économique qui est le nôtre. » Le pari est lancé.

Emilie Dudon
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