Pau veut faire le show

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    Pau veut faire le show
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Pas de recrutement ronflant pour les Palois, qui veulent arriver à proposer un rugby à la fois attrayant et efficace afin de s’installer parmi les cadors du Top 14.

À les voir enchaîner les longueurs du terrain principal de leur centre d’entraînement, on ne croirait pas que les Palois viennent de reprendre le chemin des terrains après sept semaines de coupure ! De très longues vacances pour évacuer les marques physiques mais aussi les petites frustrations d’une saison qui s’est terminée sur un sentiment de déception. Emballant et performant durant les trois quarts de l’année, les hommes de Simon Mannix ont raté doublement le coche au moment du verdict final aussi bien en ChallengeCup qu’en Top 14. « Je veux regarder vers l’avant et pas en arrière. C’est terminé, on ne refera pas la saison dernière », coupait fermement le manager néo-zélandais au moment de dresser le bilan. Mannix a donc offert une longue période de repos à ses hommes pour régénérer des organismes usés et fatigués.

En ce début d’été, on retrouve la quarantaine de joueurs convoqués pour la reprise sourires aux lèvres et corps affûtés. Torses nus pour la plupart, ils n’ont pas l’air d’avoir trop profité de leurs vacances… « Les gars avaient hâte de reprendre. Tu sens de l’enthousiasme, c’est bien ! », glissait Mannix, qui refuse de se réjouir des bons résultats de ses troupes à la première série de tests VMA ou de musculation. Les préparateurs physiques du club sont pourtant formels. Tous les anciens affichent des données supérieures -et même largement- à celles de l’an passé à la même époque. Personne n’ira effectuer de stage au « fat club ». Simon Mannix et son nouveau quatuor d’adjoints (Conrad Smith ayant rejoint Andres Bordoy, Carl Hayman et Frédéric Manca) ont pu rentrer dans le vif du sujet dès le départ. Pour quel objectif ? « Je ne veux pas le dire publiquement ! Je ne peux que répéter ce que je clamais déjà auparavant, c’est d’être plus performant que la saison dernière. Je ne crois pas qu’il y a un an, Castres criait sur tous les toits qu’il voulait être champion de France ! Christophe Urios a bossé dans son coin. Le résultat du CO sur leurs cinq derniers matchs est une bonne leçon pour tout le monde. De plus, le Top 14 est très dense. N’importe quelle équipe peut être amenée à jouer et batailler pour le maintien. » Simon Mannix ne livrera donc aucun tableau de marche. Tout juste concède-t-il souhaiter que sa formation soit plus efficace offensivement. Il compte à la fois sur la phase de travail de cet été, comme sur la nouvelle pelouse. « Nous allons pouvoir bénéficier d’un terrain pour pouvoir jouer le rugby que nous souhaitons », glisse-t-il.

Jesse Mogg en tête d’affiche

En effet, la pelouse du Hameau a été entièrement renouvelée ces dernières semaines. Place à un gazon hybride réputé de grande qualité. Le Néo-Zélandais a souvent pesté l’hiver dernier sur le piètre état de celle-ci qui empêchait ses joueurs de pratiquer un jeu plus ambitieux. Pas cette année. Avec quels hommes ? Sur le papier, mis à part le recrutement du fantasque et talentueux australien, Jesse Mogg venu de Montpellier, point de noms ronflants venus de l’hémisphère Sud. Plutôt une vague de joueurs Jiff prometteurs : Delannoy, Erbani, Malafosse, Blanc ou encore Septar pour remplacer les Julien Pierre, Julien Tomas, Conrad Smith ou encore suppléer l’absence jusqu’en janvier de Steffon Armitage ! La Section semble, si ce n’est faire moins peur, marquer le pas à ce niveau-là ! « Je suis content du recrutement. Le club a basculé dans une autre dimension. Depuis 2015 et l’apport de techniciens et joueurs anglo-saxons, nous avons changé la manière de fonctionner au quotidien. Nous sommes plus professionnels. Aujourd’hui, tout mon groupe sait ce que signifie être un joueur pro. Et cela commence à profiter à nos jeunes Français. Nous avons eu trois de nos meilleurs espoirs (Lespiaucq-Brettes, Daubagna et Pesenti, N.D.L.R.) pris avec les Barbarians en Nouvelle-Zélande, Hamadache a été inscrit sur la liste XV de France. Ce n’est qu’un début », commente Simon Mannix.

Les Béarnais, qui possèdent aujourd’hui des structures à faire pâlir d’envie bon nombre de leurs concurrents (enceinte moderne de 18 000 places avec une nouvelle pelouse, centre d’entraînement ultra-récent), veut maintenant titiller les sommets du Top 14 et plus seulement ceux des Pyrénées.

Pierre-Laurent Gou
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