Lavaur, champion la bonne année

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    Lavaur, champion la bonne année
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Pas favoris, les Vauréens ont déjoué tous les pronostics pour s’offrir un bouclier qui était très convoité avant une réforme qui risque de favoriser les cadors issus de la poule élite.

Là-haut, Pierre Fabre doit avoir le sourire. Cinq ans après son décès, survenu en 2013, qui ne lui avait même pas laissé le temps de voir le titre du CO, sacré champion de France de Top 14 cette année-là, voilà que ce sont les deux clubs de cœur du grand argentier tarnais qui sont sacrés en 2018. « Il est bien certain qu’il aurait adoré l’idée de voir le CO et Lavaur tous deux au firmament », glisse Thierry Jarlan, le président de l’ASV, tout heureux de la fin de saison de son équipe. Et d’enchaîner : « Il est difficile de ne pas être ravi après une telle saison. Le titre ne fait pas oublier les difficultés. La saison ne fut pas linéaire. On a pris un bon départ avant d’être freinés par le « saucissonnage » particulier du championnat et ses longues périodes de trêve. Nous avons su nous ressaisir à temps pour accrocher la qualification. Ensuite, en phase finale, un nouveau championnat commence. » Le championnat de tous les possibles… « Honnêtement, j’ai commencé à croire au titre quand nous avons battu Valence d’Agen en huitièmes de finale. Je me suis dit à ce moment-là qu’il ne restait que peu de marches et que la dynamique nous était positive. »

Mathieu Bonello et son staff confortés

Effectivement, les Vauréens, portés par leur enthousiasme, n’ont pas été très inquiétés par Vienne, ni même par Mâcon, que d’aucuns dépeignaient pourtant comme le favori de la compétition. La finale fut exaltante. Passionnée. Passionnante. Les dieux du rugby ont choisi Lavaur mais le président Jarlan garde les pieds sur terre : « On ne va pas s’enflammer. Nous savons d’où nous venons. Pas question de nous voir meilleurs que nous ne sommes. Mais quand on y réfléchit posément, on se dit qu’avec le bassin économique d’une ville de moins de 15 000 habitants, nous avons battu certaines formations issues de ville de 100 000 personnes. Ce n’est pas rien. » Une fois les considérations démographiques entendues, il reste à savourer et à replacer le rôle de Lavaur sur l’échiquier du rugby. « On est un tremplin. Si on peut faire éclore quelques bons jeunes et leur permettre de connaître le niveau supérieur ou aider des joueurs plus expérimentés mais revanchards à revenir sur le devant de la scène, nous serons heureux », explique Thierry Jarlan. Le président vauréen a le sentiment d’avoir réalisé un très grand coup au meilleur des moments : « Je pense que nous avons remporté ce titre la bonne année. À partir de la saison prochaine, cela sera beaucoup plus difficile, voire impossible, pour une équipe comme la nôtre de l’emporter. » Référence à peine masquée à la réforme de la compétition de Fédérale 1 qui voit les équipes professionnelles de la poule élite rebasculées au milieu des formations amateurs. Les loups vont entrer dans la bergerie. « Il faudra à terme arriver à séparer rugby amateur et professionnel », ose Jarlan. Mais c’est un autre débat. L’homme fort du club vauréen est déjà à pied d’œuvre pour préparer la saison prochaine qui sera là demain : « Les joueurs viennent à peine de terminer leur saison que déjà il faut penser à la reprise. Le championnat redémarre vraisemblablement tout début septembre. On va laisser au moins un mois de coupure aux joueurs. Histoire qu’ils se régénèrent les corps et les esprits. Mais nos adversaires eux, sont déjà sur le terrain. »
Si l’on sait que le staff technique, Mathieu Bonello en tête, sera conservé la saison prochaine, le président se refuse à évoquer les contours du futur effectif. Chaque chose en son temps et là, le temps est au repos, à la fête et au plaisir. Champagne !

Par David Bourniquel

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