L'ami Fritz

Après 5 saisons au club, le troisième ligne clermontois n’a pas hésité à se réengager jusqu’en 2021. De quoi briguer un statut de leader dans lequel Franck Azéma aimerait l’impliquer.

C’est assez difficile à imaginer, mais voilà déjà cinq ans que Fritz Lee a déposé ses bagages en Auvergne. Signe que le temps passe vite, sans doute. Mais aussi de l’acclimatation parfaite du troisième ligne néo-zélandais, toujours aussi performant. De quoi légitimer, à l’évidence, sa prolongation jusqu’en 2021 qui fait naturellement de lui un des anciens du vestiaire auvergnat. "J’aurai 33 ans à la fin de mon contrat, calculait ce dernier. De là à dire s’il s’agira de mon dernier contrat en Europe, je n’en sais évidemment rien. Tout dépendra de l’état mental et physique dans lequel je me trouverai, à 33 ans… Mais c’est encore loin, tout ça, mais c’est certain que je suis désormais un des plus anciens du vestiaire. Il y a eu beaucoup de départs à l’intersaison, que le club a souhaité pour l’essentiel combler en donnant leur chance à des jeunes de l’académie. Mais ce ne sera pas une excuse, au contraire. Il y a à mon sens un bon mix entre cette jeunesse et des joueurs plus expérimentés au sein de notre équipe, dont l’expérience devra justement servir à bien encadrer les plus jeunes."

Une caste de joueurs dont, à l’évidence, Fritz Lee fait partie. Franck Azéma n’en faisait d’ailleurs pas mystère en début de semaine, au moment de se satisfaire de la prolongation de son maître à jouer. "C’est un garçon qui a rayonné tout au long de la saison dernière. Il prend beaucoup de place sur le terrain et il commence aussi à en prendre de plus en plus dans le vestiaire. Il prend davantage d’initiatives et fait le lien entre les différentes cultures que l’on peut avoir dans le club. À lui d’aller encore plus loin dans sa prise de responsabilités mais c’est intéressant." "Il y a beaucoup de cultures différentes qui cohabitent dans le vestiaire et cela peut constituer une vraie force, à condition que tout le monde tire dans la même direction, confirmait Lee. Il est évident que dans cette optique, j’ai une expérience à partager. Quand je suis arrivé à Clermont, il n’y avait pas beaucoup de Polynésiens. Si je peux faire gagner un peu de temps aux jeunes pour leur faire comprendre les différences culturelles entre le rugby de l’hémisphère Nord et celui du Sud, je le ferai avec plaisir."

Un rôle d’une importance d’autant plus capitale qu’après l’arrêt de l’emblématique Aurélien Rougerie, l’ASMCA a tourné une page dont il lui faut désormais se remettre en termes de leadership. "Que ce soit sur ou en dehors du terrain, l’arrêt d’Aurélien est forcément une grosse perte pour l’équipe. C’est une très bonne nouvelle qu’il reste dans le club, parce qu’il a encore beaucoup de choses à lui apporter. On ne le remplacera pas comme ça, mais sa retraite est aussi l’opportunité pour des joueurs comme Morgan Parra ou Benjamin Kayser de prendre d’autres responsabilités. C’est le rôle des plus anciens que de montrer la bonne direction." Sur le terrain, aucun doute, Fritz Lee sait faire. Mais en dehors, où ses coachs l’attendent comme un des garants du "bien vivre" ensemble, à l’image du héros d’Erckmann et Chatrian dont il partage le prénom? Seuls les prochains mois permettront de le savoir…