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Joris Segonds, demi d'ouverture, totalise vingt-huit feuilles sur trente l’an dernier. À 21 ans, le môme de Decazeville est même devenu titulaire à l’ouverture.

Depuis deux ans, il tape à la porte des "grands". Ouvreur prometteur des espoirs, Joris Segonds s’est affirmé au poste l’an dernier, détrônant au passage l’un des meilleurs demi d’ouverture du ProD2 de ces dernières années, Maxime Petitjean. Le môme de Decazeville, dans l’Aveyron, vit un rêve éveillé depuis. Enfin un rêve, façon de parler, car lui a bien les pieds sur terre.

Joris veut jouer. Pour ce faire, il s’appuie sur l’expérience des aînés, scrute et se rapproche de Maxime Petitjean, écoute Paul Boisset et tout ceux qui peuvent lui apporter quelque chose, même quand c’est André Bester qui le pousse dans ses derniers retranchements, lui reprochant de ne pas assez parler sur le terrain. L’an dernier, il explose aux yeux de tous, terminant à portée de tirs des meilleurs réalisateurs de Pro D2. "Je n’en reviens toujours pas. Quand je suis rentré chez moi et que potes m’ont dit : "Wouah, super, tu as joué en pro toute la saison", j’ai encore du mal à y croire. Maintenant, même si je suis jeune, je sais aussi que je suis là avant tout pour jouer au rugby."

Même s’il a renégocié son contrat, il a conscience que si, demain, il n’est pas bon, il repartira en espoirs. Pas question donc de se reposer sur ses lauriers mais plutôt se remettre en question en permanence. Bien qu’approché par le Top 14, Joris préfère encore faire ses gammes en Pro D2. "Pour le reste, on verra plus tard. Certes, j’ai fait une saison l’an dernier mais je n’ai encore rien prouver. À moi de tout faire pour confirmer." La tête bien posée sur les épaules, Joris considère qu’il ne sert à rien de faire le beau.

Un mental d’acier

Une belle preuve de caractère, comme l’an dernier quand il peut sombrer après son échec pour la gagne à Mont-de-Marsan. Au contraire, il encaisse et va, deux semaines plus tard, offrir la victoire aux siens sur la sirène face à Biarritz. Mais de cet échec, il en a tiré beaucoup d’élements positifs. "Je n’ai fait qu’une saison en pro. Je suis passé par tous les états l’an dernier. Mais cette pénalité, j’y pense encore." Pour autant le gamin ne montre rien. Il intériorise ses émotions car "les échecs font partie de l’apprentissage. Tu loupes, tu loupes, mais le week-end d’après, il faut que tu la passes". Joris Segonds est un buteur mais pas que. Il a peaufiné son jeu au pied, travaillé sa défense et ne rechigne pas au combat. Il a engrangé de l’expérience et ne compte pas s’arrêter là. "Quand tu arrives à un certain niveau, ta seule envie est d’aller plus haut." Toujours est-il qu’une saison se profile. Alors il est prêt. Prêt à vivre pleinement une nouvelle aventure, prêt au combat, prêt à la concurrence. Après, advienne que pourra.

Par Jean-Marc Authié