Colomiers : l’espoir d’une évolution

Après deux dernières saisons frustrantes, les Haut-Garonnais, pragmatiques mais ambitieux sont bien décidés à s’inviter à la fête du prochain printemps. ils espèrent avoir appris de leurs erreurs passées et entendent montrer leur force de caractère.

Une fois n’est pas coutume, la saison s’est terminée tôt, mi-avril. Et une nouvelle fois, Colomiers n’a pas réussi à renouveler la sensation de 2016, lorsque la Colombe s’en était allée défier l’Aviron Bayonnais sur ses terres, dans la fournaise de Jean-Dauger pour un ticket en finale d’accession. En 2017, le rival montalbanais avait envoyé valser l’édifice haut-garonnais au tapis juste avant la cloche. En 2018, c’est Béziers qui est venu jouer un bien mauvais tour à Michel-Bendichou un dimanche de février, enterrant les derniers espoirs de la bande à Aurélien Beco. La faute à qui ? La faute à quoi ? Bien malin celui qui détiendra la réponse et par là même les clés de la faillite columérine. Tout avait pourtant si bien commencé : un succès à Aurillac, deux victoires pleines de mordant et d’autorité sur les cadors perpignanais et bayonnais, une première place occupée pendant les cinq premières journées.

Et puis, les premiers frimas de l’hiver sont arrivés, la machine et la belle mécanique huilée ont commencé à se gripper, les blessures (jusqu’à 19 absents en janvier et février) ont amputé le groupe d’une capacité suffisante de réaction. Même si la fin de saison fut plus conforme avec les attentes placées autour de cette équipe. "La fin de saison dernière a été dure mais le dernier bloc de matchs a été sympa. Moralement, les victoires face à Biarritz et Grenoble nous avaient déjà oxygénés", comme le fait remarquer Olivier Baragnon.

Un recrutement ciblé, une méthode qui doit porter ses fruits

Nous n’allons pas réécrire l’histoire de l’exercice précédent alors que se font jour de nouveaux espoirs et de nouvelles attentes autour d’un club à la tradition toujours aussi bien ancrée. La neuvième place est désormais bien loin dans les têtes columérines. Lorsqu’on ose parler et placer le mot objectif avec le manager général Olivier Baragnon, la réponse fuse, elle est droite, franche, à l’image de l’homme : "L’objectif ? On l’a déjà dans la tête et le président Carré l’a déjà fixé." Soit. "Nous voulons retrouver le top 6, qui n’a été atteint qu’une seule fois sur les six dernières saisons." On a connu le club de la banlieue toulousaine plus frileux et moins explicite par le passé. Pour atteindre cela, Colomiers s’est donc donné les moyens de ses ambitions, aussi modestes soient-ils. En ne coupant pas dès mi-avril et en consacrant un mois entier à la prise de masse physique sous la férule des deux préparateurs physiques Jérémy Deville et David Gouze, les joueurs du trio Baragnon - Dantin - Sarraute espèrent s’être forgés une caisse suffisante pour tenir lorsque les joutes de l’hiver et les terrains gras seront la norme. "Cela doit nous aussi permettre de nous forger un caractère pour être prêt mentalement. L’objectif c’est aussi de mieux voyager et d’être indéboulonnable à la maison."

Afin de s’y tenir, et de surprendre, force est de constater qu’un effort particulier a été fait sur le recrutement, certes non exhaustif mais particulièrement ciblé et qualitatif. Il est l’œuvre de Yann Kergoulay, analyste de la performance vidéo et tête pensante du recrutement de la Colombe depuis sept saisons. Ce dernier explique les choix : "Nous avons essayé de partir sur un recrutement où les profils étaient étudiés depuis longtemps. Nous ne voulions pas partir dans l’inconnu. Il fallait aussi si possible prendre des joueurs de Top 14 ou ayant joué en Top 14. Nous avons opté pour une stratégie de prêt avec des garçons comme Hugo Pirlet, Kylian Jaminet, Iban Etcheverry et Brandon Fajardo qui connaissent déjà le haut-niveau. Et puis, il y a l’exemple du prêt gagnant avec Thomas Ramos lors de la saison 2016-2017. Pour nous, c’est important de toucher des joueurs qui viennent avec de l’ambition et de la fraîcheur comme Maxime Granouillet et Thomas Girard qui connaissent bien le Pro D2", analyse-t-il avant de rajouter : "C’est important aussi et de prendredes garçons revanchards comme Curtis Browning ou encore Kane Palma-Newport." Revanchard, un mot qui prend tout son sens à Colomiers.

Par Enzo Diaz