Nimes : rendez-vous dans cinq ans

Quart de finaliste du Jean-Prat il y a un an, éliminé en huitième cette saison, le club gardois se donne un nouveau projet et entend réussir sa mue. Avec un nouveau staff technique.

Raté. Depuis deux mois, Nîmes a tourné la page, mais il a bel et bien connu un échec. À l’aube de sa seconde saison en Fédérale 1, il aspirait à jouer les vrais ambitieux et à entrer dans le cercle étroit du dernier carré. Huit mois plus tard, il n’a pas su assumer son statut de favori ni réussi à s’inviter à la table des grands du Jean-Prat. Jusqu’à buter au mois de mai sur la marche d’accès au grand huit. Jamais en six ans, les Nîmois n’avaient connu une aussi sévère désillusion. Impair et passe, cela a induit un vrai chamboulement avec la non-reconduction de son staff technique. Mais parce que le club a des ressources, cet échec a aussi induit un changement de braquet avec l’officialisation d’un challenge à cinq ans baptisé « Nîmes 2023 ». Car Nîmes entend poursuivre sa croissance sportive, économique et structurelle et réussir sa mue. « On veut se professionnaliser, mettre en place une organisation plus structurée et plus rigoureuse et amener un nouveau discours, une nouvelle méthode et une autre approche du rugby, brosse le patron nîmois Olivier Bonné. L’idée est de casser les codes de fonctionnement actuels du club. » 

« On veut construire un club structuré de Fédérale 1 et coller au cahier des charges de la Pro D2 pour être éventuellement prêt à y accéder », glisse son directeur administratif Alexandre Salles. Pour cela, le club nîmois s’en est allé recruter, du côté de Brive, un nouvel entraîneur et manager sportif, Armand Mardon. À 37 ans, ce Ch’ti d’Arras passé par Nîmes comme responsable de l’école de rugby durant quatre ans (2001-2005) avant de prendre le chemin du centre de formation du Stade rochelais où il s’est nourri des principes de jeu de Serge Milhas et de Patrice Collazo, puis de Brive, a carte blanche et les clés de la maison rouge et verte pour amener son champ de compétences et une nouvelle impulsion. Sacré challenge.

« Aucun club comique »

Car, parallèlement, Nîmes s’attend sportivement à un exercice compliqué. « Ce sera une poule rude avec deux clubs de la poule Fédérale élite, deux extraterrestres du Sud-Est, Romans et Aubenas, et un club relégué de Pro D2 Narbonne, mais aussi des clubs du Sud-Ouest comme Blagnac », redoute Olivier Bonné, « avec onze clubs, il n’y aura sans doute qu’un club relégué, mais parmi eux, il n’y a surtout aucun club comique ». Cela dit, la feuille de route est d’ores et déjà tracée : « Jouer les play-off et le Du-Manoir. » Pour se faire, le club gardois pourra s’appuyer sur un effectif stable. Globalement, le taureau nîmois a conservé son ossature. « Ici, il y a de la jeunesse, de l’expérience et de la qualité, assure Armand Mardon. Le club est structuré, il y a des fondations, il a été assaini financièrement et, sportivement, il y a eu des résultats. Maintenant, il y a un travail à poursuivre. » 

Il s’est aussi étoffé dans le petit périmètre avec les signatures des Agathois Paul Oliver et Kevin Orengo, mais aussi du Chambérien David Gonzalez et du talonneur cérétan Fayçal Tourek. Le club devrait encore signer avant la reprise de l’entraînement fixé au 23 juillet deux ou trois noms après avoir choisi la solution interne et l’ancien demi-de-mêlée Patrick Escande pour succéder à Jean-Basptiste Poulon comme entraîneur en charge des lignes arrière. Il n’y a plus qu’à… Rendez-vous dans cinq ans.