Ezeala : « Je ne veux pas être un symbole »

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    Ezeala : « Je ne veux pas être un symbole »
Publié le , mis à jour

Six mois après son terrible choc avec Virimi Vakatawa qui émut la France entière, le jeune ailier clermontois, sacré champion de France espoirs, rêve de passer à autre chose. Pour Midi Olympique, il revient pour la première fois aussi longuement sur son accident et les semaines qui l’ont suivi, avec une maturité déconcertante mâtinée de l’insouciance de ses 18 ans. il évoque également son histoire personnelle : depuis son adoption par des parents catalans à son déracinement à 15 ans pour rejoindre clermont.

Voilà deux semaines que vous avez effectué votre « rentrée des classes » à l’ASM, pour la préparation de la saison avec le groupe pro. Sauf qu’à la différence des autres espoirs, votre nom est déjà entré dans les esprits de tous les observateurs du Top 14… 

J’ai conscience d’avoir eu cette notoriété après cette histoire de K.-O., oui… C’est un peu compliqué, car je m’en serais bien passé. Si j’ai la chance de faire quelques matchs avec les professionnels cette saison, je sais que c’est forcément un sujet qui va revenir, parce qu’il a un peu marqué les gens et qu’on m’en parle encore… C’est normal, après tout. Ça m’ennuie un peu, car je n’aime pas forcément l’idée d’être connu comme « le joueur qui a fait un énorme K.-O. » Mais ça ne me pèse pas non plus particulièrement, et honnêtement, ce n’est pas ce qu’il y a de plus dur à vivre… 

Quels souvenirs gardez-vous de cette rencontre, six mois plus tard ?

Mais j’ai tout gardé de ce match contre le Racing ! Hormis le choc avec Virimi Vakatawa, je me souviens de tout ! Des sensations avant le match, des quelques ballons que j’ai pu avoir… En revanche, l’accident et la sortie sur civière, je les ai oubliés. Mes premiers souvenirs après mon réveil, ils sont à l’hôpital, avec mes parents qui avaient fait le déplacement. 

Avez-vous déjà revu les images de votre accident ?

Oui, forcément. Avec les réseaux sociaux, aujourd’hui, tout le monde t’identifie sur des images, des vidéos. Tous mes copains à Barcelone étaient réunis pour regarder le match, donc tout le monde a eu un peu peur pour moi, et tout le monde m’en a parlé. C’était dur de passer à côté. 

Quelle a été votre réaction à la vue du choc ?

La première fois que j’ai vu ces images, je me suis dit : « Ah oui, quand même. » Mais en fait, je me suis surtout posé beaucoup de questions. Est-ce que j’ai présenté la bonne épaule ? Qu’est-ce que j’aurais pu faire pour éviter ça ? D’ailleurs, durant cette intersaison, nous travaillons beaucoup pour éviter le plus possible ce genre d’accidents. Cela passe par de la technique de plaquage, du renforcement au niveau des cervicales. On fait tout ce qui est possible en matière de prévention.

Avez-vous gardé contact avec Virimi Vakatawa, qui était venu vous offrir son maillot à votre réveil ?

On a parlé une fois à l’hôpital, lorsqu’il est venu me voir. Jamais depuis. Mais le fait qu’il vienne s’inquiéter de ma santé m’a beaucoup touché. Surtout que c’était très sincère de sa part… Cela montre quel genre de personne il est, et comme Virimi est un joueur dont j’essaie de m’inspirer, c’était d’autant plus important. Mais il n’y a pas que lui, hein ! J’aime aussi beaucoup ce que font Teddy Thomas, Rieko Ioane, et bien évidemment Alivereti Raka que je côtoie à Clermont et qui est une véritable bombe.

Après le choc, combien de temps avez-vous mis pour récupérer ? 

Honnêtement, après le K.-O., je me sentais super bien quatre ou cinq jours après. Durant les premiers jours, j’étais un peu plus sensible au bruit et à la lumière, bien sûr, ce genre de symptômes typiques après une commotion. J’ai eu aussi mal à la tête pendant un jour ou deux, mais rien de plus. Ce que je voulais, moi, c’était reprendre tout de suite ! Je pensais qu’au bout de deux semaines au maximum, je serais sur les terrains… Mais les médecins de l’ASM m’ont fait comprendre qu’après ce qu’il m’était arrivé, il ne fallait prendre absolument aucun risque. C’est pourquoi ils m’ont prescrit un repos total de trois mois… 

L'intégralité de l'entretien est disponible en kiosque ou sur notre édition digitale du site internet

 

Nicolas Zanardi
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