Renvoi d’ascenseur

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    Renvoi d’ascenseur
Publié le , mis à jour

Revenus en Top 14 un an après l’avoir quitté au terme d’une phase finale mémorable et d’un barrage d’anthologie contre Oyonnax, les Grenoblois veulent tirer les leçons d’un passé pas si lointain à l’instant de dresser les enjeux de la saison.

C’est à Val d’Isère, où ils avaient pris leurs quartiers depuis dimanche dernier, que les Grenoblois ont conclu leur première période de préparation par une soirée cohésion, prélude à une semaine de repos bien méritée. Sans excès de confiance bien sûr, au vu de la tâche qui attend les promus mais dans un climat de sérénité malgré tout manifeste, qui tranche singulièrement avec celui de la saison dernière. « L’an dernier, on partait d’une feuille blanche après une saison catastrophique, sur laquelle nous voulions tirer un trait, rappelle le président délégué Michel Martinez. Et surtout, on plongeait dans l’inconnu avec un staff renouvelé et de nouveaux joueurs. Cette année, malgré le changement de division, on se situe dans la continuité. On poursuit la construction de notre équipe, de notre budget. Même si nous sommes conscients de l’importance d’assurer le court terme, on bâtit surtout pour l’avenir. Cette accession en Top 14 n’est pas une finalité. Au contraire, on veut construire quelque chose de pérenne. » 

La leçon, à l’évidence, du passé, dont ses dirigeants souhaitent enfin tenir compte. « L’histoire du FCG se répète de façon assez cyclique depuis vingt ans, avec des descentes régulières et des remontées quasi immédiate, souvent au prix d’un gros travail lié à la formation, rappelle le directeur sportif Franck Corrihons. La saison dernière m’a fait penser à celle que j’ai connu comme joueur en 2002, où nous avions remontés avec nos jeunes de l’époque, les Clerc, Messina… Mais cette fois, il ne faut pas écrire la même suite à l’histoire. La première différence, c’est qu’alors que nos jeunes étaient partis tout de suite en 2002, nous avons cette fois su les conserver deux ans, ce qui est déjà une fierté. » 

L’objectif d’un prévisionnel excédentaire 

Mais ne saurait le demeurer qu’en parvenant à retenir les pépites nommées Géraci, Capelli, Berruyer ou encore Cordin, que tout le Top 14 s’arrache déjà. « Ils sont courtisés, on le sait. Mais désormais, c’est à nous de leur offrir du temps de jeu et, surtout, le sentiment de progresser avec nous et vivre une belle aventure humaine ensemble. La clé, elle est là », détaille Corrihons. « Cette fois, ce n’est pas parce que nous sommes montés que nous changerons notre fusil d’épaule, assure Martinez. Ce qui est bien, c’est que nos jeunes ont déjà compris qu’ils auraient du temps de jeu ici, ce qui n’est pas garanti ailleurs. C’est plutôt stimulant quant à la dynamique globale du club car ces jeunes font partie intégrante de notre projet. » 

Un projet pour lequel le FCG n’a pas pu s’épargner quelques psychodrames, avec des changements douloureux au niveau du staff médical (lire ci-contre) mais aussi de difficiles décisions à prendre, en ne prolongeant pas l’emblématique centre Nigel Hunt ou en libérant le vétéran Dayna Edwards de sa dernière année de contrat. Autant de crève-cœur, à en écouter Martinez : « C’est une des choses qui peut terroriser un décideur : se séparer de quelqu’un, parce qu’il y a forcément de l’affect. Dans le cadre de la gestion de nos ressources humaines, nous avons été amenés à prendre des décisions très difficiles vis-à-vis d’anciens qui ont superbement servi la cause de notre club. Ce sont des décisions pour lesquelles nous avons fait passer l’intérêt du club avant tout. » 

Une ligne de conduite qui va de pair avec une gestion financière de bon père de famille, qui permet d’envisager l’avenir avec d’autant plus de sérénité que le retour en Top 14, assorti à la bonne image de l’équipe, semble pouvoir assurer des affluences conséquentes. « C’est important pour nous parce que cela permet d’amortir nos infrastructures. Dans notre modèle économique, c’est important d’avoir un compte d’exploitation équilibré, détaille Michel Martinez. Nous avions fait le choix l’an dernier de maintenir nos infrastructures de Top 14 en Pro D2. Cela a eu un coût, même si nous devrions terminer l’exercice légèrement dans le positif. Mais c’est beaucoup plus facile d’y parvenir en Top 14… C’est pourquoi nous avons bâti un budget à 18 millions d’euros, pour lequel on prévoit également un excédent. »

De quoi permettre au sportif de se concentrer avec sérénité sur son objectif de maintien, au contraire de la dernière saison du FCG en Top 14, où il doit se racheter une image. « Nous sommes en train de bâtir un groupe de caractère, qui aura à cœur de démontrer ses qualités plutôt que de se soucier des adversaires, brosse Martinez. Nous sommes Grenoble, ce n’est pas un vain mot. C’est une fierté, et j’attends de l’équipe qu’elle démontre les vertus de notre club chaque week-end. » Histoire de définitivement renvoyer l’ascenseur aux oubliettes.

Nicolas Zanardi
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