Andorre, leur Eldorado

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    Andorre, leur Eldorado
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Pour le troisième été d’affilée, et comme en février dernier pour une virée hivernale qui s’était avérée décisive, joueurs et staff toulousains profitent cette semaine des montagnes andorranes pour avancer sur l’appropriation du projet du jeu et la désignation des nouveaux leaders. Reportage.

La destination est bien connue des skieurs hivernaux, randonneurs estivaux ou consommateurs économes. Elle l’est aussi des joueurs toulousains. Depuis trois ans et en vertu notamment du partenariat liant le club et Andorre, les pensionnaires stadistes ont pris l’habitude d’effectuer leurs stages au cœur de la principauté. Depuis dimanche, et jusqu’à ce vendredi, ils ont encore profité des installations locales pour préparer la saison, avec les montagnes nappées de verdure en toile de fond. « Le lieu est magnifique, sourit Régis Sonnes, arrivé cet été en tant qu’entraîneur principal en charge du jeu d’avants et de la défense. Je ne connaissais pas trop et je comprends pourquoi le Stade toulousain revient chaque année. » Ses hommes n’ont pourtant pas pu profiter de l’air pyrénéen pour s’adonner aux joies du tourisme. Même si l’après-midi de mardi était consacré aux activités de plein air avec programme à la carte selon les goûts. Buggy pour Tolofua, Holmes, Faumuina ou Axtens — lequel confiait avoir déjà conduit ce genre d’engin pour chasser en Nouvelle-Zélande -, randonnée, VTT, padel et golf pour d’autres. Enfin, certains ont opté pour le « tobotronc » au parc Naturlandia à 1 600 m d’altitude, ce tobbogan alpin sur rails de plus de 5 km au milieu de la forêt qui a vu le duo Baille-Aldegheri aussi à l’aise que lors d’une entrée en mêlée ! Pour le reste, les Toulousains ont mis à profit la virée andorrane pour répéter les premières gammes, quelques jours après leur match amical inaugural contre Colomiers avec un effectif extrêmement rajeuni. « On sortait de semaines et demie de préparation physique dans lesquelles on a pu intégrer un peu de rugby, à base d’ateliers, explique Sonnes. Cette rencontre était un rendez-vous collectif, un moyen d’évaluer où on en était et de savoir sur quelles bases on allait travailler. »

Présentations et mises en place des systèmes

À partir de là, un planning bien rempli a été concocté avec plusieurs réunions pour livrer dans le détail le projet élaboré et des entraînements sur le terrain du stade communal d’Andorre-la-Vieille pour le mettre en œuvre. « Le stage est axé sur le rugby, note William Servat, maître des mêlées. Nous sommes arrivés ici avec des structures et des cellules connues mais on a tous les jours des présentations complètes sur la mêlée, la touche, les relances de jeu, etc. On fait ensuite correspondre les séances aux clés qui ont été données. Le staff s’est étoffé et cela nous permet une double-tâche à chaque fois. C’est-à-dire que, quand on bosse l’attaque, on bosse aussi la défense. » Beaucoup d’informations à ingurgiter. « On essaye d’optimiser au maximum le temps de présence, le travail de groupe, d’équipe, l’appropriation des systèmes de jeu, reprend Sonnes. Et puis on voulait vraiment entrer dans le vif du sujet. » Nul besoin de dévoiler le livre des secrets… Mais l’ancien troisième ligne, qui a connu les heures de gloire toulousaine dans les années 90, ne cache pas la ligne directrice : « Sur la philosophie de jeu, je sais à quoi j’ai été biberonné ici. J’ai continué dans cette voie en tant qu’entraîneur. Si on m’a appelé, c’est pour conforter cet état d’esprit. J’essaye d’amener mon expérience mais la décision de m’engager a été prise en début d’année, donc j’ai suivi tous les matchs et la relation avec le staff s’est mise en place, notamment pour travailler avec Ugo (Mola) sur le projet. » Lequel sera assurément axé sur un jeu ambitieux. 

Sonnes : « Les caractères ressortent »

Les sourires contagieux mardi matin à la fin d’un entraînement intensif laissaient deviner que la construction du groupe était l’autre leitmotiv. Dans ce tableau andorran où, en février dernier et comme le soufflait Mola début mai, staff et joueurs « ont pu se dire les choses et bâtir sur l’aventure humaine. » Contexte différent mais rassurant. « Ces quelques jours de février ont été importants mais, sur le rugby, la saison était avancée, donc c’était du peaufinage, admet Servat. On a l’occasion d’être ensemble, d’assurer une vraie cohésion. Il n’est pas toujours facile d’être loin des familles mais c’est capital pour la vie de groupe, surtout quand le club a connu un grand renouvellement. » Lequel va entraîner la désignation de nouveaux leaders. Après l’arrêt de Fritz, qui faisait suite à celui de Dusautoir, il a été a annoncé que le (ou les) capitaine(s) seraient désignés à l’issue de la semaine. Surtout qu’une quarantaine de joueurs sont présents (programmes allégés pour certains convalescents comme Faumuina, Castets, Dupont, Fa’asalele, Bezy, Pointud ou Gray), dont quelques blessés (Manukula, Galan, Van Dyk) ou vacanciers (Tekori) qui ont choisi de venir passer du temps avec leurs partenaires. Les heureux nommés sont-ils trouvés ? « Ils sont encore en train de se positionner, rétorque Sonnes. Des places sont laissées libres, on observe comment les personnalités et les caractères ressortent pour prendre les bonnes décisions. » Servat confirme : « On en discute. Des leaders émergent, avec un potentiel qu’il convient de développer. » Parmi eux, et si des tauliers comme Tekori conserveront des responsabilités, la nouvelle génération, symbolisée par Marchand ouCros (ci-contre), est amenée à prendre de l’épaisseur. Sans jeu de mots forcé, l’Andorre était le cadre idéal.

Jérémy Fadat
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