À la croisée des chemins

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Après la mise en redressement judiciaire du club de Strasbourg, le tribunal se prononcera au mois d'août sur le projet de reprise.

Le 20 août, selon l’avis de son administrateur judiciaire, le tribunal de Strasbourg dira si le projet de relance du rugby est viable, ou non. Le club se trouve à la croisée des chemins. Compte tenu de l’incapacité de ses dirigeants de faire face à leurs obligations, il avait été placé en situation de redressement judiciaire le 9 juillet. Il manquerait plus de 400 000 euros sur le dernier budget prévisionnel. Les dirigeants n’avaient pas été en mesure de verser aux joueurs leurs deux derniers mois de salaire. Il reste également deux affaires prud’homales à solder, et notamment celle engagée par l’ancien entraîneur Philippe Braem. Les Strasbourgeois ont été tellement dépassés, qu’ils ont fini par demander eux-mêmes la relégation administrative en Fédérale 2 contre laquelle ils avaient lutté avec succès pendant de longs mois. Ils ne pouvaient plus faire face aux exigences de la plus haute division amateur.

Avec Dunlop et Mangione

Cinq ans après la reprise par Christian Loth, dont l’arrivée à la présidence avait déjà permis d’éponger un trou de 150 000 euros et de sauver les meubles, la situation est redevenue critique. « Les pistes lancées pour créer un nouvel environnement économique n’ont pas fonctionné comme prévu. Et nous avons trop dépensé », commente en surface le dirigeant historique Pierre Sourbes, de retour au premier plan depuis la fin du mois de juin. Il avait été réélu coprésident de façon provisoire avec son ami Jean-Luc Dubois quand Christian Loth avait démissionné de ses fonctions. Et de la même manière que tous les deux avaient trouvé à l’époque ce président « surprise », dont l’action globale a laissé une trace positive sur toutes les structures du club, ils cherchent aujourd’hui un nouveau responsable capable de boucler un tour de table avec un réseau de partenaires. Aucun détail ne filtre sur les noms des repreneurs potentiels. Deux projets seraient en lice. Le club ne communique rien dans l’attente du verdict du tribunal. « C’est trop fragile, glisse un membre du club. L’optimisme l’emporte. Nous pensons pouvoir faire valider nos options de reprises. Mais il y a encore trop d’aléas pour être totalement certains que nous allons réussir. Il faut convaincre notre réseau de ne pas être frileux malgré le redressement judiciaire. Nous travaillons, tout en étant complètement suspendus à cette date du 20 août. » En attendant cette décision du tribunal, les dirigeants ont préparé le prochain exercice en imaginant leur réussite. Il ressort des grandes lignes de leur action qu’ils semblent en capacité de présenter une équipe première très compétitive en Fédérale 2. Le budget pourrait être porté aux alentours d’un million et quatre cent mille euros. Un niveau de vie serait maintenu. Chez les jeunes, toutes les actions entreprises dans le milieu scolaire et au sein même de la formation interne seront « maintenues et même intensifiées pour accélérer l’éclosion de nos jeunes joueurs les plus prometteurs », assure Pierre Sourbes. L’équipe première pourrait conserver quatorze joueurs membre de l’effectif de la poule d’accession. La capacité de recrutement permettrait la venue de l’ouvreur D’Aubenas Wesley Dunlop et du troisième ligne de Chambéry Juan Mangione, deux têtes de gondole d’un recrutement très ciblé. Si le tribunal accepte le plan de reprise qui lui sera proposé, le club de l’Est se présentera dans le chapeau des favoris dans ce championnat de Fédérale 2 qu’il avait complètement dominé en 2015.

Par Guillaume Cyprien.

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