Déjà dans son jardin

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    Déjà dans son jardin
Publié le , mis à jour

Arrivé cette saison au RCT, Rhys Webb n’a pas mis longtemps à trouver ses marques. En quarante minutes face au Stade Français (38-26), le Gallois a déjà conquis son monde.

En amour comme en rugby, il faut être bon le premier soir. Ne pas décevoir. Et cela, Rhys Webb semble l’avoir parfaitement compris. Pour sa première sortie sous le maillot rouge et noir de Toulon, le demi de mêlée gallois a déjà séduit Mayol et mis bon nombre d’observateurs dans sa poche. En deux actions ou presque. Mais attention : deux actions de classe ! Peu avant la demi-heure de jeu, lors du match amical face au Stade français vendredi soir, le nouveau numéro 9 toulonnais s’est offert sa première réalisation avec sa nouvelle tunique sur les épaules. Un essai de filou après un départ au ras, concrétisant un bon mouvement collectif. La porte s’est ouverte quelques secondes, assez pour laisser passer le natif de Bridgend et punir la défense parisienne. « Une part de mon jeu repose sur le fait de faire confiance à mon instinct. Et quand une opportunité se présente, il faut y aller », expliquait-il à la sortie des vestiaires. Et de poursuivre : « Je suis content d’avoir inscrit cet essai. Je suis également heureux d’avoir pu jouer ici à Mayol. J’étais venu comme spectateur la saison passée et j’avais adoré cette ambiance. » Une ambiance plutôt feutrée, avant un deuxième éclair de Webb, juste avant la pause. Suite à une touche volleyée sur les quarante mètres adverses, Webb récupère le ballon avant de déchirer le rideau rose. Repris à l’entrée des vingt-deux mètres, l’ancien demi de mêlée des Ospreys sent l’arrivée de Louis Carbonel, son partenaire de la charnière, qu’il sert d’une magnifique chistera après contact. Classe. Alors tout n’a pas été parfait durant les quarante minutes qu’il a passées sur la pelouse, avec un peu de déchet. Mais la copie rendue reste plus que propre. Digne de son statut. « C’est un joueur de dimension mondiale. Il s’est donné les moyens d’arriver ici en étant prêt. On le voit, il tire les autres vers le haut à l’entraînement. Face à Stade français, il a été tel qu’on l’attendait et on l’espérait », assurait Patrice Collazo, son manager, en conférence de presse après la rencontre. 

L’élu au poste ?

Alors, le RCT tient-il enfin son demi de mêlée de classe mondiale ? Celui après lequel il a si longtemps couru ? Sans démériter, bien au contraire, Sébastien Tillous-Borde a longtemps tenu la baraque à ce poste, soulevant d’ailleurs trois Coupes d’Europe et un bouclier. Mais Mourad Boudjellal cherchait la perle rare. Les dossiers Ruan Pienaar ou encore Rory Kockott sonnent encore comme des échecs cuisants, sur le marché des transferts, pour l’état-major toulonnais. Les deux faisant faux bon alors que tout semblait ficelé pour leur arrivée. Cette fois, le président du RCT est parvenu à ses fins. Même si ce ne fut pas sans frayeur, puisque peu de temps après l’annonce de sa signature dans le Var, Webb apprenait un changement de réglementation au sein de sa fédération, le privant ainsi de sélection. Mais le joueur aux trente-et-une capes sous le maillot du XV du Poireau, et aux deux apparitions avec les Lions, a décidé d’honorer son engagement.

En quête de trophées

« Rhys est un super joueur, un vrai leader. Il faut qu’il continue à bien s’intégrer, mais je crois qu’il est heureux avec nous. C’est le plus important. Après, il sait jouer au rugby, on n’apprend rien. Il nous apporte sa plus-value et son expérience », adoube Tillous-Borde, aujourd’hui entraîneur des arrières du RCT. À 29 ans, le Gallois découvre seulement son deuxième club. Le premier loin de chez lui. Pas de quoi gommer le sourire qui lui barre le visage ni ôter le pétillant de ses yeux clairs. « Depuis le premier jour, le staff et les joueurs m’ont aidé à me sentir à l’aise et je peux ainsi bien faire mon travail. Je m’entends bien avec tout le monde. C’est important pour moi car je dois bien communiquer avec les avants et les arrières », assure le Gallois. Et ce dernier assume ses ambitions. « Le RCT est compétitif dans chaque compétition, toutes les saisons. Je souhaite gagner des trophées et Toulon est le meilleur endroit pour cela. » Ça tombe bien, Toulon compte sur son demi de mêlée pour aller chercher un nouveau titre.

Par Fabrice Michelier.

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