L'année ou jamais ?

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    L'année ou jamais ?
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Et si Radradra et Tamanivalu faisaient basculer les deux ou trois matchs qui ont toujours manqué à l'UBB pour découvrir le Top 6 ? Et si l'exigeant Rory Teague était l'entraîneur providentiel d'une qualification historique ?

"L’année ou jamais." C’est la formule qui revient le plus souvent dans les conversations des supporters girondins. Elle est basée sur la déception des deux dernières saisons de Top 14 et sur le côté clinquant du recrutement de l’UBB. Tamanivalu et Radradra, ce sont deux noms qui claquent, ils sont synonymes de franchissements et de duels gagnés. Le point faible de l’UBB de ces dernières années, trop inoffensive en termes de jeu direct. Le Fidjien Semi Radradra était quand même à Toulon, le Néo-Zélandais Tamanivalu jouait chez les Crusaders et pouvait encore espérer une place chez les All Blacks comme il le fit en 2016.

Avec ces deux "béliers", l’UBB pourra peut-être faire basculer ces deux ou trois matchs qu’elle perdait sur le fil et qui lui ont toujours barré la route du top 6. Parce que quand on dit, "L’année ou jamais", c’est à ça qu’on fait référence. L’UBB, sept ans après sa montée, n’a jamais joué de match de phase finale, une blessure forcément pour Laurent Marti.

Un staff renouvelé autour de Teague

Cette saison sera donc un test pour Rory Teague, l’entraîneur anglais qui a pris les commandes en cours de saison dernière après le départ de Jacques Brunel. Sa prise de pouvoir ne fut pas sans dommage. Des joueurs considérés comme cadres ont rué dans les brancards et se sont retrouvés mis à l’écart. Jeremy Davidson a préféré rejoindre Brive. Mais Rory Teague a été conforté par Laurent Marti et a choisi Luke Narraway pour s’occuper des avants et Broke James pour l’assister avec les trois-quarts. Pierre Austruy est également arrivé du monde treiziste pour inaugurer la fonction de responsable de la performance./// On attend beaucoup de Teague, un homme de caractère, joueur trop vite blessé mais technicien rodé via les sélections de jeunes anglais. Cette saison, il n’aura plus d’excuse comme il en a eu début 2018 quand il dut assumer une série de résultats mi-figue mi-raisin. Cette fois, l’équipe sera la sienne à cent pour cent puisqu’il a fait le ménage aussi dans le staff en se séparant de plusieurs figures telle que Ludovic Loustau, préparateur physique historique.

Ne pas se faire piéger par les sélections

L’an passé, l’UBB a aussi payé chèrement son nouveau statut de pourvoyeur du XV de France. Quand on fournit quatre ou cinq internationaux à chaque match et que l’on n’a pas un budget pharaonique, on vit les périodes de tests comme un calvaire (Serin Pélissié, Tauleigne Jalibert, Poirot, Maynadier, Ducuing). Ce fut la conséquence d’une certaine politique d’un club si fier de faire la promotion de jeunes talents "pêchés" en Pro D2. On a bien compris que Laurent Marti avait choix d’infléchir ce cap en faisant venir des étrangers. Si on a beaucoup parlé de Radradra et Tamanivalu, ils ne résument pas le recrutement des Bordelais : le deuxième ligne ex-Wallaby Kane Douglas, le numéro 8 Afa Amosa, le trois-quarts polyvalent Ulupano Seuteni auront leur mot à dire sans parler de Broke James bombardé entraîneur-joueur et remplaçant de luxe. On en oublie. "Il y a beaucoup de changements, c’est sûr. Ça ne veut pas dire qu’on condamne ce qui a été fait dans le passé. Mais il fallait évoluer et Rory Teague et Pierre Austruy ont super bien bossé dans le domaine planification. Ils ont un fil conducteur." explique Laurent Marti, qui, mieux que personne est conscient du traditionnel "trou" d’après-Noël dans les performances de l’UBB. Son ambition ne fait aucun doute, mais il a trop souffert pour s’exposer par des déclarations tonitruantes. "Je ne veux pas en faire trop en disant qu’on vise absolument le top 6. Tout le monde le vise. Je le concède, nous avons fait un bon recrutement. Mais regardez bien, le Top 14 n’a jamais été aussi relevé. Il y a au moins onze équipes qui joueront la qualification." Une chose est sûre, les Bordelais en ont marre de jouer les Sysiphe.

Jérôme Prévot
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