Révolution express

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Après une saison décevante, le RCT repart avec un nouveau staff, de nouvelles vedettes et une nouvelle approche. Un électrochoc est espéré pour combler le peuple toulonnais, impatient de voir ses protégés soulever de nouveau un trophée.

À quelques minutes près, Toulon aurait pu l’emporter au Munster puis devant Lyon en quart de finale et s’en aller chasser un trophée. À une poignée de détails près, Fabien Galthié serait encore en poste et honorerait actuellement sa deuxième année de contrat, comme si de rien n’était. À l’origine, Chris Ashton et Ma’a Nonu étaient encore censés porter les couleurs rouge et noir cet été. Mais à Toulon, tout va très vite. Trop parfois. Au printemps, le club varois a emprunté un virage déroutant et démarre cette nouvelle saison avec un visage radicalement différent, incarné par l’arrivée inattendue de Patrice Collazo. Mourad Boudjellal s’en amusait presque à l’heure de parler de l’année à venir : « Vous pouvez prendre mes propos de l’an dernier concernant Fabien Galthié et les retranscrire pour cette année, à la différence près que je n’ai peut-être pas la même proximité avec Patrice Collazo que celle que j’entretenais avec Fabien Galthié car Patrice a un caractère différent. » Le Seynois de naissance est venue avec ses idées, ses convictions, ses projets. Aux antipodes des pratiques récentes : « C’est quelqu’un de très surprenant. Généralement, quand les entraîneurs viennent à Toulon, ils demandent des palettes de joueurs avec notamment des stars. Lui est plutôt attaché au caractère des joueurs. En faire des bons joueurs de rugby, c’est son problème. C’est la première fois que j’ai un entraîneur comme cela. » 

Toulon change de trajectoire et d’approche. Après trois saisons sans titre et un dernier exercice tellement frustrant, ce changement précipité pourrait provoquer le déclic espéré : « À mes yeux, il faut un équilibre entre des jeunes, des joueurs à dimension de club et des éléments de classe mondiale, décrit l’ancien pilier. Je ne dis pas que je détiens la vérité mais je fonctionne comme ça. Des grands noms, il y en a beaucoup ici. Nous allons intégrer les jeunes s’ils ont le niveau et puis il y aura aussi des retours de blessure. Quand on prend le groupe dans son effectif global, il y a de quoi faire une équipe équilibrée et compétitive. À nous, le staff, de faire les bons choix pour que l’ensemble soit complémentaire. »

Si l’effectif a pu paraître plus homogène ou impressionnant sur le papier dans un passé récent, la capacité du manager à transcender ses troupes peut compenser une moins-value présumée. 

La fabrique à champions, chantier majeur

Le traumatisme de l’élimination à Mayol, le recrutement bouclé à la va-vite et la composition plus ou moins improvisée de l’encadrement ne changent en rien les objectifs en internes et l’attente du public. Patrice Collazo le sait : « Il y a une certaine ambition à avoir, une légitimité que ce club a, reconnaît-il du bout des lèvres. Après, annoncer un doublé, ce n’est pas dans ma conception. Mais je crois au travail. Je veux que les joueurs se créent de bonnes conditions. » Si elles sont réunies par le nouveau maestro, pourquoi Toulon ne retrouverait-il pas les sommets quand bien même le Top 14 paraît de plus en plus relevé ? Avec des cadors internationaux (Savea, Webb, Isa, Guirado, Bastareaud…), des valeurs sûres (Van der Merwe, Lakafia…) et des espoirs si prometteurs (Ollivon, Rebbadj, Carbonel…), il en possède la carrure et le talent. En parallèle et en coulisses, le RCT tente de tirer les leçons du passé récent pour se préparer un avenir serein, radieux, à plus long terme. Le club a lancé la création d’un pôle d’excellence. « La fabrique à champions » est espérée d’ici trois ans. « Cela va être gigantesque, promet Mourad Boudjellal. Le RCT va vraiment être à la pointe dans ce domaine. Le centre va se situer sur les terrains et dans la continuité de l’actuel centre d’entraînement de Berg. » Les membres de l’équipe fanion, les jeunes, un des axes de développement majeur du club, ou encore les dirigeants : toutes les composantes bénéficieront d’installations modernes et appropriées, bien plus propices à la performance. Car les titres ne se gagnent pas seulement sur le terrain en compilant les stars. Toulon l’a appris à ses dépens.

Vincent Bissonnet
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