"Des médecins m’ont dit que c’était terminé"

Charles Ollivon - Troisième ligne de Toulon De retour sur les terrains la semaine dernière face au Stade Français, Charles Ollivon retrouve le sourire. Après un an d’absence, suite à une blessure à l’omoplate gauche, le troisième ligne international revient sur cette année de galère et évoque son envie de tout casser.

Comment avez-vous vécu votre retour sur les terrains, après un an d’absence ?

C’était forcément un grand plaisir pour moi, comme tous les moments de ces dernières semaines. J’attendais ce match amical avec impatience, pour valider toutes les étapes par lesquelles j’étais passé jusqu’à présent. C’est chose faite, j’en retire beaucoup de positif et de plaisir. J’étais comme un gosse. Il me tarde la suite maintenant.

Pouvez-vous nous raconter les différentes étapes par lesquelles vous êtes passé depuis cette blessure face au Lou, en août dernier ?

Pour tout vous raconter, il faudrait passer la journée ensemble ! Mais tout a commencé par cette rechute, il y a un an lors de la préparation. La précédente blessure datait de trois mois auparavant. Je traînais un problème à l’épaule depuis plusieurs années. Mais là, cela intervient alors que j’avais pris du temps pour revenir, plus que ce qui était prévu à la base. Mais au premier contact, je me blesse. La galère a commencé pour moi.

Avez-vous rapidement pris conscience de la gravité de la blessure ?

Sur le moment, je comprends tout de suite que c’est grave et que cela allait être compliqué. Je me souviens avoir discuté avec les médecins, après le match face au Lou : ils disaient que j’allais guérir. Mais j’ai compris que j’entrais dans quelque chose de très compliqué.

Que s’est-il passé ensuite ?

J’ai dû faire le tour des médecins et des chirurgiens dans la France entière. Ce que j’avais, c’était assez simple au final : une fracture de l’omoplate. Mais le placement et le type de fracture étaient complexes et même jamais vus par les médecins que j’ai rencontrés. Je devais trouver une solution. Il m’a fallu cinq mois pour arriver à une opération. C’était très dur sur le plan psychologique. Des chirurgiens très reconnus m’ont dit que c’était terminé, que ce serait très compliqué de rejouer. J’ai pris beaucoup de coups sur la tête. À chaque fois que je prenais mon sac à dos, que j’allais à Lyon, Marseille ou Paris, je revenais avec rien. Si ce n’est avec encore plus de doutes. Mais je n’ai pas lâché. Et j’ai fini par trouver un chirurgien à Muret, à côté de Toulouse, qui a bien voulu m’opérer. Je lui dois beaucoup, ça a été long. Ce sont deux opérations très longues à préparer, il fallait du matériel spécial. C’étaient des étapes très éprouvantes. Mais je ne regrette rien.

L’opération sonne comme un soulagement. Enfin, vous aviez une solution après des mois de doutes…

Du moment où je me suis fait opérer, j’étais reparti sur du concret avec un vrai protocole, des échéances, comme quand on se blesse au genou ou que l’on se casse la jambe. Quand vous vous blessez et que vous ne savez pas comment vous guérir, c’est très dur. L’opération a eu lien en décembre, je suis resté un mois en rééducation et je suis revenu à Toulon.

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Par Fabrice Michelier