Dix-neuf mois plus tard...

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Publié le , mis à jour

Lucas Bachelier - troisième ligne de Perpignan en janvier 2017, le prometteur flanker se blessait gravement au genou… Après une succession de galères, il a enfin fait son retour jeudi soir.

Avant la rentrée officielle des Perpignanais, jeudi soir, le retour au jeu de l’ouvreur irlandais et recrue phare de l’intersaison Paddy Jackson, après plus d’un an sans jouer, était au centre des attentions. Celui d’un autre Usapiste était encore plus marquant. Lucas Bachelier n’avait plus foulé une pelouse en match depuis 535 jours, soit près de dix-neuf mois. Une éternité. Sa dernière apparition remontait à un match à Colomiers, le 20 janvier 2017, où il s’est écroulé à la 70e. Et aura mis un an et demi à se relever. Fauché par une grave blessure au genou gauche, il a enchaîné les galères, avec une rechute qui l’obligea à repasser sur le billard. Pendant que le groupe sang et or poursuivait sa route, laquelle l’a conduit jusqu’au retour dans l’élite.

Lui a dû se contenter de partager les joies, à la marge, pour mieux se concentrer sur son combat personnel. "C’était dur, ne cache pas Bachelier. Quand tu es blessé, tu vis l’histoire de l’intérieur mais tu es un peu à part car tu n’as pas les mêmes horaires de travail, tu croises tes coéquipiers. C’était mon cas. Disons que j’étais leur supporter numéro un. J’avais la chance d’être proche d’eux mais, en même temps, je ressentais la frustration de ne jamais pouvoir jouer." Sans compter l’incertitude qui finit par embrumer l’esprit. "Il y a eu des moments de doute. Surtout quand j’ai dû être réopéré… Je me suis dit : « Est-ce que je vais finir par reprendre ? » Mais oui, évidemment, j’ai repris petit à petit." Et la préparation d’avant-saison, au bout d’un interminable tunnel, fut une première libération. Avec forcément cette rencontre face au Stade toulousain cochée sur son calendrier. à la veille du rendez-vous, il confiait sur France Bleu Roussillon : "Je suis content de reprendre, mais je n’ai pas encore des sensations de folie. J’ai juste fait des entraînements, il n’y a pas eu de contacts." Même si, après le coup de sifflet final, il revenait sur l’approche, sans pression particulière, de la rencontre : "Je n’ai pas changé ma préparation. De toute façon, je n’avais pas fait un match depuis un an et demi, donc, la préparation… (Il rigole) J’ai mis mes crampons et je ne me suis pas pris la tête."

lanta : "pour nous, c’est une recrue"

Jeudi soir, l’ancien capitaine de l’équipe de France des moins de 20 ans était même titulaire. L’émotion est venue à l’instant de pénétrer dans le chaudron pour ce Catalan pure souche : "ça fait plaisir de retrouver Aimé-Giral, surtout avec autant de public. Jouer dans ce stade représente toujours quelque chose à mes yeux, que ce soit en amical ou en championnat. Cela ne m’était pas arrivé depuis si longtemps… S’entraîner sur cette pelouse, c’est bien, mais sortir du couloir et entrer sur le terrain quand il y a cette ambiance, c’est tellement différent. Avec la victoire en prime, je me suis régalé." Surtout que, pour ses quarante premières minutes, le combattant perpignanais fut à créditer d’une solide prestation. "Il a été au rendez-vous, dans son style de gratteur, de récupérateur, de défenseur omniprésent, se félicite le directeur sportif Christian Lanta. Il est de retour et ce sera un joueur important pour notre équipe." Des mots symbolisant le soulagement d’un staff qui l’attendait avec impatience. "Pour nous, c’est une recrue", reprend Lanta. L’occasion de souligner la confiance dont il a bénéficié : "Je suis content d’être resté au club quand j’ai prolongé pour trois ans (en novembre 2016, N.D.L.R.). Car je me suis blessé dans la foulée et les entraîneurs ne m’ont jamais lâché. Je les en remercie."

Réputé grand espoir de la région depuis de longues saisons, Bachelier - qui ne compte que dix-huit apparitions en Pro D2 - reste une promesse intacte. à 23 ans, il débute une nouvelle carrière. Il n’y avait qu’à voir la réaction euphorique des siens après la délivrance pour le comprendre. "Ce fut la première chose quand il est entré dans le vestiaire à la fin, raconte Lanta. Lui était heureux mais nous l’étions tous, le staff et ses potes. Il a reçu beaucoup de témoignages d’amitié et d’affection dans cette soirée. Nous avions envie de le retrouver. Lucas est un homme plutôt dans la retenue, c’était sympa de le voir si joyeux…"

Jérémy Fadat
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