On garde le cap, capitaine !

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    On garde le cap, capitaine !
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Impressionnants leaders de la phase régulière, les Héraultais se sont ratés le jour J, en finale du Top 14 face à Castres (29-13). Une leçon qu’ils ont méditée et retenue pour viser encore plus haut cette saison, sans tout chambouler.

"C’était génial d’avoir eu le jour de la reprise l’impression de ne pas être parti en vacances en retrouvant un groupe quasi identique." Certes, le nom du stade a changé (GGL Stadium), mais cette fois-ci, Wiaan Liebenberg n’a pas eu à apprendre une douzaine de prénoms à son retour cet été. Le début de l’ère de la stabilité au MHR ? "C’est une volonté. […] Il y a eu l’ère Galthié qui était perturbée, l’ère Jake White qui était une transition. Et maintenant l’ère Cotter. […] Là, il y a réellement une stabilité. Et la réponse à votre question explique peut-être pourquoi on n’a jamais gagné aussi", explique Mohad Altrad. Montpellier peut désormais miser sur un vécu commun. Les cinq départs du groupe pro (Mogg, Tomane, Kubriashvili, Géli et Delannoy), contre douze l’an dernier, ont été compensés par les arrivées d’une star controversée, Johan Goosen, appelé à devenir incontournable et de deux joueurs confirmés, Julien Ledevedec et Levan Chilachava.

Des ajustements nécessaires pour offrir à Aaron Cruden une doublure de luxe à l’ouverture, ainsi qu’un second profil aérien à l’alignement héraultais et un potentiel titulaire à droite de la mêlée. Un recrutement, limité par une masse salariale déjà importante (au sujet de la saison 2016-2017, l’appel de la LNR devrait être examiné début septembre), également axé sur l’augmentation du nombre de Jiff (22 sur 36 joueurs pros). Avec comme visée prioritaire : la reconstruction et la réorganisation (des fonctions des dirigeants) du centre de formation. Vern Cotter confirme : "Il y a une dizaine de jeunes qui nous ont rejoints durant la préparation et je pense qu’il y aura quelques surprises cette saison.

La jeunesse montpelliéraine (renforcée par Brennan et Tournebize) aura l’occasion de redorer le blason de la formation du club. Séduire à nouveau, une volonté affichée à tous les niveaux. Le MHR, dont le budget est stable (27 millions, contre 26,9 l’an dernier) veut changer son image négative en (re)misant sur son ADN. Le retour de l’enfant du club Julien Tomas (joker médical de Paillaugue), après celui de Louis Picamoles est tout sauf anodin. À l’image des quatre entraînements estivaux ouverts au public et à la presse. "La construction, c’est tout le club dans son ensemble. Mais aussi les relations avec nos supporters, comment on est perçu par d’autres par rapport à nos comportements sur et en dehors du terrain", ajoute-t-il. Et si le staff n’a quasiment pas évolué (réorganisation de la cellule médicale), la nomination de Tom Whitford (team manager) n’est pas anodine. L’ancien Toulonnais sera le garant d’une bonne communication transversale entre les joueurs, le staff et la direction, pour éviter les couacs, comme le déménagement de Pienaar et sa famille en Irlande la semaine de finale sans que personne ne soit au courant ainsi que le départ non autorisé de Nagusa...

Objectif « demie » minimum

En termes de jeu, le technicien néo-zélandais, dont les prérogatives ont été renforcées cette saison dans l’organigramme du club, veut amener son équipe à se perfectionner dans les détails. Et à augmenter sa résistance mentale sans changer sa philosophie de jeu (lire l’atout technique) : "On ne va pas trop changer, juste nous améliorer. Je pense que les temps de jeu effectifs vont encore monter et il faudra donc être conditionné. Mais il faut aussi finir la saison et les équipes qui terminent fatiguées sont peut-être celles qui jouent trop. Je n’ai donc pas trop compris les critiques sur le jeu de l’équipe. Comment pouvons-nous marquer le plus d’essais l’an passé en développant un jeu « bourrique » ? "

Déterminés à tourner la page de cette finale ratée face à Castres, sans pour autant l’oublier, les Cistes ont retenu les leçons du passé. Mais alors, comment aller plus haut cette saison ? Liebenberg livre une voie à suivre : "Il faut se focaliser exclusivement sur le collectif et non les individualités. Je pense que nous pouvons encore plus jouer comme une équipe." Le flanker parle-là d’unité sans faille et de supplément d’âme, afin que le collectif parvienne toujours à faire front dans l’adversité. "L’équipe doit gagner en caractère cette saison. Nous voulons jouer (la qualification) sur les deux tableaux (groupe plus abordable en Champions Cup : Toulon, Newcastle et Édimbourg). L’ambition est d’être au moins en demi-finale du Top 14, avec une qualification directe visée. Nous sommes des prétendants dans la quête du Brennus et cela commence à être un peu éternel. Donc, y’en a marre de ce statut !" conclut Mohed Altrad.

Simon Valzer
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