Avec le temps

  • Avec  le temps
    Avec le temps
Publié le

On sent déjà un premier souffle d’impatience, un vent qui se lève, au loin, et une première défiance construite sur un bilan de vide.

Semaine du 15 août, matchs amicaux qui ne disent rien et pourtant, déjà, du côté des supporters, dans les stades et sur les forums internet, dans quelques bureaux présidentiels aussi, les premières critiques affleurent pour ceux qui ont raté leurs rencontres préparatoires.

Toulon ? Le RCT a perdu, oui. Encore une fois, ce vendredi face à Lyon, après l’écart net constaté en seconde période face à Clermont, une semaine plus tôt. La Rochelle s’est sorti dans une grande douleur de ses rencontres amicales à domicile. Le Stade français, guère plus enthousiasmant, entamera sa campagne de Top 14 avec un staff quatre étoiles mais une seule victoire en amical. Face à Bourgoin-Jallieu, douloureux pensionnaire de Fédérale 1. Bordeaux-Bègles, enfin, a chuté en Afrique du Sud, ce week-end, après son échec initial sur la pelouse d’Aurillac.

Le point commun, entre ces quatre clubs ? Au-delà de leur petite forme estivale, ils sont aussi ceux qui ont modifié leur encadrement sportif, cet été. Donc leur philosophie de jeu, leurs discours, le plan de circulation sur le terrain, les annonces sur phase statique et la construction des semaines d’entraînement. À peu près tout, en fait. Si le rugby est le plus collectif des sports, il est donc celui qui réclame le plus de temps. Il en faudra à tous les clubs cités, plus haut. Il faudra surtout que les dirigeants et supporters en laissent aux responsables du secteur sportif.

C’est là que cela coince. Le temps du sportif n’est justement pas celui de l’administratif. Il est, encore moins, celui de l’émotion qui porte un public jusqu’au stade. Personne ne va supporter son équipe pour livrer une analyse mesurée et froide de l’évolution des structures du club. On va au stade pour s’enflammer, soutenir. Et pester, lorsque les performances ne sont pas au rendez-vous.

Un mot, donc, comme une pensée à tous ces entraîneurs qui découvrent de nouvelles fonctions, où ceux qui les endossent dans un nouveau club. Garbajosa, Collazo, Teague et Meyer n’auront pas toujours raison. Ils se tromperont, changeront et se tromperont encore, pour se rapprocher chaque jour un peu plus de leur cible. Mais ils méritent, tous, le temps nécessaie pour confronter leurs convictions à l’épreuve du Top 14. Dans son intégralité. Ce qui demandera, parfois, de la patience à chacun. Que les exemples de Castres et Clermont, les deux derniers champions de France également passés par des périodes de doute, dernièrement, servent de référents. La stabilité est un luxe qu’il faut se permettre. Le jugement définitif, souvent trop hâtif, est trop grave pour ne pas se laisser le temps d’attendre.

Léo Faure
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?