Torses bombés cheveux au vent

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    Torses bombés cheveux au vent
Publié le , mis à jour

Face à une équipe de Perpignan qui a décidé de débuter face au vent, les Parisiens ont pu s'appuyer sur une intense préparation physique, même en infériorité numérique.

Les Catalans en ont pourtant l’habitude : voir débarquer l’été des hordes de touristes parisiens pour exhiber leurs corps sur les plages de Canet, Saint-Cyprien, Argelès ou de Barcarès, exhibant leurs corps, gonflant le torse, cheveux au vent. Pour les autochtones, il est de bon ton de se moquer de ces satanés touristes. Les Parisiens d’Heyneke Meyer n’étaient pas venus pour la visite guidée d’Aimé-Giral, malgré leurs torses bombés et leurs cheveux au vent puisque les Perpignanais avaient décidé de débuter face à la forte tramontane. Il n’en fallait pas plus pour lancer cette équipe du Stade français dans ce Top 14. Dynamiques, mobiles mais aussi opportunistes pour profiter des erreurs catalanes, les Parisiens ont joué à leur guise, prenant rapidement les devants au tableau d’affichage, grâce notamment à une supériorité physique mise en exergue par l’activité du capitaine Sergio Parisse mais surtout par l’omniprésence de Sekou Macalou, tout aussi capable de déborder en position d’ailier que de ferrailler au cœur des rucks.

Le tout étant orchestré par un Morné Steyn de gala et congratulé en permanence par son mentor de toujours Heyneke Meyer. Une première sortie réussie, séduisante et prometteuse pour une équipe qui partait dans l’inconnue avec autant de changements effectués à l’intersaison, aussi bien au niveau du staff technique qu’au sein de l’effectif. Visage de ce renouveau, l’arrière Kylan Hamdaoui, auteur d’un doublé pour son premier match en Top 14, n’était pourtant pas inquiet avant ce déplacement à Aimé-Giral : "Je suis content, surtout d’avoir pu jouer ce premier match dans une nouvelle équipe. Gagner avec le bonus offensif c’est parfait. Personnellement marquer deux essais c’est anecdotique. Jouer dans une équipe qui avance, qui domine physiquement, cela facilite forcément le travail des arrières. De l’extérieur, certains devaient se demander si l’équipe allait fonctionner mais entre nous, nous étions plutôt confiants. Nous avons un bon groupe. Nous vivons très bien ensemble. Nous avons effectué une très bonne présaison, avec une préparation physique importante qui change beaucoup avec ce que j’avais pu connaître jusqu’à maintenant. Mais il faut rester humbles et garder la tête sur les épaules."

Retrouver la culture de la gagne

Un groupe parisien certainement conscient que les Catalans ont certainement perdu leurs moyens pour cette première tant attendue, à l’image du deuxième ligne international Alexandre Flanquart : "Ils se sont emmêlés les pinceaux tous seuls car nous avons longtemps joué en sous nombre. À quatorze puis à treize, ce n’est jamais facile dans les têtes. Nous avons réussi à laisser passer la tempête, à remettre la main sur le ballon, à retourner chez eux pour marquer. On a montré aussi que nous pouvions avoir du caractère." Certainement un des plus gros défauts de cette formation la saison dernière, aujourd’hui métamorphosée alors que peu de nouvelles recrues n’étaient alignées à Perpignan. Une satisfaction pour Peter de Villiers car cette victoire en infériorité numérique vient confirmer que l’ensemble des joueurs est réceptif au message du nouveau staff. L’ancien pilier tricolore louait lui aussi une fraîcheur physique mais aussi l’attitude des joueurs : "Nous avions de jeunes joueurs présents dans un groupe nouveau avec un staff nouveau. Donc les leaders étaient très importants et aujourd’hui je pense effectivement ils ont fait preuve de beaucoup de lucidité et de caractère. C’est un point positif. Nous avons beaucoup d’ambitions. Notre propriétaire nous donne des moyens pour avoir des ambitions. Nous avons un groupe qui est fier et travailleur. Mais la plus grande ambition est d’acquérir la culture de la gagne. Pour l’obtenir, c’est un travail de jour en jour, de semaine en semaine. Si on arrive à bien faire les choses, pas après pas, je pense que cette culture de la gagne se construira." Enchaîner un deuxième succès face à l’UBB pour la première à Jean-Bouin était donc déjà sur toutes les lèvres des joueurs parisiens au moment de quitter à la hâte la Catalogne. Pas vraiment comme des touristes.

Nicolas Augot
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