Des hommes à la hauteur

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    Des hommes à la hauteur
Publié le , mis à jour

Venus s'étalonner à La Rochelle, les Isérois sont repartis aussi rassurés que frustrés d'avoir manqué le point du bonus défensif.

Ce doit être ce qu’il est convenu d’appeler les détails du haut niveau. Un rebond, un bête rebond, comme celui pas assez haut qui permit à Vincent Rattez de devancer un dribbling de Raymond Rhule, ou celui qui manqua à cette passe au pied de Ben Lucas pour permettre à Taleta Tupuola d’inscrire sur la sirène l’essai du match nul. Le genre d’inpondérable qui fait toute la différence entre un déplacement à zéro ou un, voire deux points. De quoi déclencher une certaine frustration, matérialisée en l’espèce par le rucking du capitaine Steven Setephano sur le dos de son vis-à-vis Greg Alldritt, vautré dans le camp isérois après un ballon coffré à la régulière sur une dernière occasion vendangée. Pas bien malin, mais si humain, sachant que les Grenoblois auraient bien pu mériter sur le regroupement précédent une petite pénalité… Sauf qu’il va falloir s’y faire : promu en élite et catalogué "Petit Poucet", le FCG devra patienter au moins quelques journées avant de se voir décoller cette encombrante étiquette, et ne plus être arbitré en conséquence. Un enseignement visiblement bien intégré par les joueurs, qui préféraient évoquer leur propre performance avant de se chercher des excuses extérieures, à l’image du demi de mêlée Lilian Saseras. "Sur cette dernière action, on peut avoir une décision différente, peut-être une pénalité à tenter… On doit apprendre à se montrer plus tueur. On commet trop d’erreurs dans les zones critiques, qui font qu’on se montre un peu stérile près de l’en-but adverse, et que chaque erreur près de notre ligne est sanctionnée… Cela fait partie de notre apprentissage du haut niveau. Mais pour un retour en Top 14, le contenu était tout sauf honteux. C’est quand même un match sur lequel on peut construire."

"des recrues très intéressantes"

Un discours prolongé par le deuxième ligne Mickaël Capelli, conscient que la prestation du FCG aura malgré tout marqué les esprits. "Même si on revient bredouilles, ça reste un début convaincant. Je pense que les Rochelais avaient cherché à mettre leur pack le plus puissant du moment pour nous prendre dans ce secteur, mais nous ne nous étions pas déplacés en victimes et avons plutôt bien rivalisé. Depuis notre reprise, nous avons axé notre préparation sur la puissance, le jeu d’avants et la conquête en général, car nous savons que nous serons attendus dans ces domaines. On a vécu deux saisons compliquées, mais des recrues très intéressantes sont arrivées à l’intersaison, couplées au travail très précis que nous effectuons avec Jean-Noël Perrin. On commence à en toucher les fruits, il ne faut surtout pas s’arrêter de travailler." Car là réside probablement l’enseignement de la partie : peut-être inspirés par la présence de Jean Dujardin et son son film "Un homme à la hauteur", les Grenoblois venus s’étalonner à La Rochelle ont vu qu’ils n’avaient aucun complexe à nourrir face à une formation qui fait désormais figure de valeur sûre en élite. "Mais cela ne suffit pas, coupait l’ouvreur Franck Pourteau. Notre ambition, c’est de se maintenir, de finir douzième. Et pour cela, il faut ramener des points à l’extérieur chaque fois qu’on en a l’opportunité. Là, nous n’y sommes pas parvenus, et il y a un vrai goût d’inachevé." Reste que, dans l’optique du maintien, l’essentiel demeure avant tout de se montrer solide à domicile. Cela tombe bien : après s’être rassurés quant à leur niveau intrinsèque à La Rochelle, les Grenoblois auront l’occasion dès samedi au stade des Alpes de prouver définitivement, face à Toulouse, qu’ils ont définitivement les moyens d’exister cette saison.

Nicolas Zanardi
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