Déjà fous de Finn

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    Déjà fous de Finn
Publié le , mis à jour

Le club francilien, en s'imposant d'entrée à Mayol, a déjà marqué le Top 14 de son empreinte. Comme son fantasque ouvreur écossais, auteur de vingt points et un doublé, dont le profil offensif séduit ses partenaires.

Il y a un peu moins d’un mois, Finn Russell confiait dans nos colonnes : "Je déteste que les gens s’ennuient en tribunes." L’ouvreur du XV du Chardon n’a pas attendu longtemps pour passer de la théorie à la pratique. Samedi soir, pour sa première sortie en Top 14, le génial Écossais a inscrit vingt points, dont deux essais. Voilà ce qui s’appelle marquer de son empreinte le championnat. Mais, bien au-delà, c’est toute la palette de Russell qui a été servie. Son talent offensif incomparable… Mais aussi ces quelques fantaisies inexplicables. Avant la pause, il s’est ainsi permis une double ou triple sautée (on ne sait pas bien !) qui n’est jamais parvenue à bon port ou encore un ballon lâché de manière farfelue, lequel a connu le même sort. Sans conséquences. Laurent Labit sourit : "C’est Finn ! On avait bien préparé ce match, en connaissant ses qualités. Mais il faut le prendre aussi avec ses défauts." Ceux d’un garçon classé à part. "Il aime profondément le jeu et disons qu’il est fantasque ", renchérit son capitaine Henry Chavancy.

Surtout, Russell a profité d’un premier acte largement dominé territorialement et dans la possession par les siens pour trouver ses marques. Le problème ? C’est que le Racing ne marquait pas justement. "Face au vent en première mi-temps, il avait été décidé de tenir le ballon, ce qui a été bien réalisé, mais il y a eu un manque de cohésion afin d’être efficace, poursuit Labit. Pour ça, il faut se connaître. L’équipe était souvent dans les 22 mètres adverses mais c’était trop désorganisé, ça partait dans tous les sens. Avec, en plus, la blessure d’Iribaren et la titularisation de Chauveau au dernier moment, il existe des repères à avoir pour mieux gérer ces situations." Effectivement, l’ancien de Glasgow a été contraint de changer de partenaire à la charnière au pied levé. "Teddy a pris une béquille sur le dernier exercice de l’échauffement, explique Chauveau. Je suis arrivé au vestiaire et on m’a dit : "Il faut t’y coller." Je manquais un peu d’automatismes car, sur les matchs amicaux, je n’ai pas eu beaucoup l’occasion de jouer avec Finn. Puis il avait travaillé toute la semaine avec Teddy. Mais ce n’est pas excuse." Pas plus que le peu de liant existant entre le chef d’orchestre et sa paire de centres Chavancy-Wakatawa, qu’il découvrait en partie. "On s’adapte et on continuera à s’adapter à lui", assure le capitaine.

Chavancy : « Il voulait jouer tous les ballons »

Après la mi-temps, c’est surtout Russell qui s’est adapté à la situation. Profitant du carton jaune de Fekitoa et donc du surnombre pour inscrire deux essais plein de finesse en trouvant des intervalles dans… la zone dépeuplée du centre all black. En seulement trois minutes, le temps de s’offrir un doublé, il a modifié presque à lui seul le cours de la soirée. La patte Russell. "Il est vraiment différent, évolue dans un profil que nous n’avions pas l’habitude d’avoir, apprécie Labit. Son style diffère également de celui de Pat Lambie mais c’est pour ça que le club le voulait. Il est capable de réussir des coups d’instinct, de faire des choses que l’on n’attend pas, mais aussi de prendre des risques parfois. Il est comme ça, il amène de la fraîcheur." Ce dont raffole déjà ses partenaires. "Il possède quelque chose de spécial, décrit Chauveau. C’est un attaquant super doué pour qui la notion de plaisir sur le terrain est essentielle. Il l’avait dit dans son interview mais il le montre sur ce premier match et chaque jour à l’entraînement. Il est ultra enthousiaste et arrive à le transmettre aux mecs autour. Notamment parce qu’il communique beaucoup avec nous. C’est encore perfectible pour la suite mais il aide son numéro 9 et c’est agréable." Il ne lui reste désormais plus qu’à maîtriser toutes les subtilités du Top 14 pour que l’intégration soit pleine. Chavancy raconte en se marrant : "Je crois que Finn était frustré à la fin du match. Je n’arrêtais pas de le freiner car on avait le bonus offensif et il fallait le conserver mais lui n’avait pas compris que la règle n’était pas la même chez nous. Il voulait aller marquer le quatrième essai et réclamait de jouer tous les ballons. Je lui disais : "Non, non, surtout pas !" Dans le jeu ou humainement, il est vite devenu important. Il faut le suivre et accepter un peu de déchet. Mais je vois que le ratio est déjà positif."

Jérémy Fadat
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