• "J'ai dit à Taufa que son plaquage était régulier"
    "J'ai dit à Taufa que son plaquage était régulier"
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"J'ai dit à Taufa que son plaquage était régulier"

Du bon début de saison des siens à ses retrouvailles avec les champions du monde moins de 20 ans en passant par le gros plaquage dont il fut victime, Romain Ntamack se livre.

On imagine qu’à deux minutes de la fin, vous imaginiez encore repartir avec un résultat nul dans vos valises, après celui ramené de Lyon…

C’est ça ! (rires) On a bien cru que nous allions repartir avec un deuxième match nul en deux matchs mais les Grenoblois ont effectué ce choix osé (Le FCG n’a pas tenté la pénalité du nul)… Je pense que nous avions les moyens de nous mettre à l’abri bien avant mais nous n’avons pas su le faire. Il faut aussi dire que le FCG a mis beaucoup d’intensité, pratiqué un jeu très physique qui nous a mis en difficulté et nous a contraint à commettre des fautes. En revanche, notre banc nous a beaucoup apporté et si tout n’a pas été parfait, il me semble que nous avons fait preuve d’un beau caractère.

Si le contenu laisse encore à désirer, d’un point de vue comptable, on pouvait mal imaginer meilleur début pour le Stade…

Tout à fait. Après deux déplacements, nous sommes invaincus et comptons six points au classement, avant de recevoir deux fois (La Rochelle et le Racing, N.D.L.R.). C’est très positif car, croyez-moi, les Grenoblois ne se sont pas présentés sur le terrain en victimes expiatoires. Ils ont montré beaucoup de qualité et nous avons dû nous accrocher jusqu’à la fin pour préserver ce résultat. On sait que nous devons produire autre chose au niveau du contenu mais, au moins, nous sommes dans les clous en ce qui concerne nos résultats.

Ce Grenoble-Toulouse avait un petit côté historique puisqu’il a occasionné la première opposition en tant que titulaires entre des récents champions du monde moins de 20 ans…

C’était assez drôle : les quelques fois où nos regards se sont croisés pendant le match, on n’a pas pu s’empêcher de s’adresser un petit sourire… D’autant plus qu’avec Kilian (Geraci), nous sommes très amis dans la vie et avions beaucoup échangé dans la semaine. Nous étions évidemment très heureux de nous retrouver pour la première fois à ce niveau-là, chacun dans la peau d’un titulaire dans notre club. Nous avons beaucoup travaillé pour y arriver et ce que nous avons réalisé au mois de juin nous lie évidemment très étroitement. Les Grenoblois se sont beaucoup appuyés sur lui au niveau de la touche, où il nous a posé pas mal de problème. Je ne sais pas si sa sortie a été un tournant mais c’est sûr qu’elle a probablement pesé sur cette dernière touche que nous parvenons à leur contrer. En tout cas, j’étais très content d’affronter Kilian et Antonin Berruyer, et de constater qu’ils vont peser dans leur effectif cette saison. En tant que jeune, c’est tout ce que nous demandons : que l’on nous fasse confiance.

Ce match a été marqué par un fait de jeu : le carton jaune infligé à Alaska Taufa pour un plaquage jugé dangereux par M. Lafon. Une décision d’autant plus importante qu’elle a par ailleurs privé Grenoble d’un essai en contre… En tant que « victime » du plaquage, pensez-vous réellement qu’il y avait faute sur l’action ?

Honnêtement, je pense que son plaquage est régulier. Il fait son maximum pour se lier, il impacte sous la ligne des épaules… C’est d’ailleurs ce que j’ai dit à Alaska Taufa : « Your tackle was good » (ton plaquage était loyal). Certes, on sait que les consignes arbitrales vont vers davantage de sécurité. Mais pour moi, c’était juste une belle «cartouche», le genre de plaquage qui fait partie de notre sport, comme on en voit tous les week-ends.

En tant que représentant et symbole de la « nouvelle vague », regrettez-vous ces consignes visant à renforcer la sécurité, qui édulcorent le jeu aux yeux de l’ancienne génération ? Un sujet d’autant plus sensible qu’il a déjà donné lieu à une polémique la semaine dernière, avec le carton rouge infligé à Sergio Parisse…

Les gros impacts en défense, ça a toujours existé. Bien sûr que nous sommes sensibilisés à la sécurité des joueurs avec tout ce qui se passe en ce moment mais sincèrement, je ne sais pas si il faut sanctionner des plaquages comme ça. Il était spectaculaire certes mais dans les règles. D’ailleurs, je ne me suis pas fait mal. Mais comme je vous le disais, on connaît les consignes des arbitres et il faut s’y adapter, même si on ne sait pas bien comment. Est-ce qu’il faut défendre plus bas, avec moins d’intensité ? Je ne sais pas… Pour moi, le défi physique fait partie du jeu et c’est dommage de sortir un carton ou de siffler une pénalité pour un beau plaquage comme ça.

Nicolas Zanardi
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