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    La pagaille des remplacements
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La pagaille des remplacements

Il est désormais possible pour les entraîneurs d’effectuer jusqu’à douze changements par match. Un joueur sorti tactiquement peut refaire son apparition pour remplacer un joueur blessé. Certains staffs en profitent pour faire souffler certains joueurs en vue des fins de matchs. Le fait d’avoir des joueurs plus frais maintient l’intensité à un niveau élevée tout au long de la rencontre. Les clubs aux gros budgets pourraient être les plus favorisés.

Romain Lonca et Benjamin Urdapilleta ont un point commun depuis la première journée… Les deux hommes ont fait basculer leur match grâce à une nouvelle subtilité du règlement. Le Bordelo-Bèglais sorti à la 48e minute du match contre Pau, a fait son retour à dix minutes du terme de la rencontre pour remplacer Nans Ducuing. Résultat : Romain Lonca, plus frais que la défense paloise, inscrit un doublé et permet à l’UBB de s’offrir un bonus offensif. Benjamin Urdapilleta, sorti à la 50e minute à Montpellier dans le remake de la finale 2018, revient en jeu seulement neuf petites minutes plus tard pour remplacer Martin Laveau. Ses vingt dernières minutes vont être déterminantes dans la victoire des champions de France. Voilà deux cas qu’il aurait été impossible de rencontrer sur un terrain de rugby professionnel ces dernières années. Mais depuis la dernière convention FFR-LNR du 4 juillet en vue de protéger la santé des joueurs, « il est désormais possible d’effectuer douze remplacements. Un joueur sorti tactiquement par son staff technique peut désormais faire son retour sur le terrain à la place d’un joueur blessé ou commotionné. Les remplacements temporaires (HIA, saignement) ne sont pas comptabilisés dans les douze remplacements. »

Romain Lonca, un joueur qui doit faire face à une grosse concurrence au centre de l’UBB, confirme qu’il a profité de cette nouvelle règle sans laquelle il n’aurait probablement pas inscrit son doublé : « Oui je le reconnais, j’ai bénéficié de ce règlement. Tant mieux que ça dure. Qu’ils changent les règles, encore. »

Une nouvelle loi dans notre sport qui pourrait entraîner un va-et-vient des joueurs de plus en plus fréquent sur le bord de touche, comme il est possible d’en voir tous les dimanches sur les terrains amateurs.

Attention aux dérives…

Ce point de règlement instauré pour préserver la sécurité des joueurs pourrait donc avoir un aspect plus tactique qu’il n’y paraît. À l’image de Romain Lonca et Benjamin Urdapilleta, les joueurs remplacés peuvent « se reposer » avant de faire une seconde apparition sur la pelouse. Avec un effet immédiat : le maintien du niveau d’intensité très élevé tout avec des joueurs plus frais. Les espaces qui pouvaient se créer en fin de match dûs à la fatigue sont donc moindres. Une donnée non-négligeable puisqu’elle peut avoir l’effet inverse de celui recherché pour protéger la santé des joueurs. Cette nouvelle règle qui concernait jusqu’alors seulement les joueurs de première ligne ne doit pas pousser les joueurs et les staffs à prévoir une « blessure tactique » en vue de faire rentrer un titulaire « reposé ». Le « scandale du Bloodgate » en 2009 quand le joueur des Harlequins Nick Evans remplaça Tom Williams sur saignement alors que celui-ci fut simulé en vue de gérer la fin de match (un quart de finale de H Cup finalement remporté 6-5 par le Leinster), doit maintenir tous les acteurs du rugby en éveil.

9 changements en moyenne

Sur les deux premières journées, les entraîneurs jouent plutôt le jeu et n’abusent pas de leur droit au remplacement puisque 260 changements ont été recensés soit en moyenne un peu plus de neuf par équipe sur les douze désormais possibles.

Romain Lafon

midi olympique
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