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Top 14

Avertissement de rentrée

Agen - Le club lot-et-garonnais s’est fait très peur mais conclut avec une victoire importante face à un concurrent direct, après une lourde défaite inaugurale et une semaine agitée hors du terrain.

Un grand coup de froid a balayé les travées d’Armandie, pourtant baignées d’une douce chaleur d’été jusque-là. Quand l’ouvreur perpignanais Paddy Jackson a tenté la pénalité de la gagne, des 53 mètres en coin à l’occasion de la dernière action du match, tout le public agenais a fermé les yeux (sans oublier de siffler). Et explosé de soulagement quand l’Irlandais a manqué la cible. Le staff et les joueurs, aussi, ont soufflé un bon coup. Le capitaine Quentin Béthune ne s’en cachait pas à la sortie des vestiaires : "On était soulagés, oui. Elle n’est peut-être pas très belle mais cette victoire fait du bien dans toutes les têtes. On s’était promis de remporter ce premier match à domicile. Je l’avais annoncé dans la presse : il fallait absolument qu’on le gagne, peu importe la manière." Au final, les quatre points sont là, d’autant plus précieux qu’ils ont été glanés face à un concurrent direct dans la course au maintien. Le manager Mauricio Reggiardo n’a pas manqué de le rappeler : "Nous avions besoin d’une victoire et nous l’avons remportée. Compte tenu des résultats des autres équipes, c’est une bonne opération. Disons que nous sommes enfin entrés dans notre championnat. ça n’a pas été évident et je crois que ça ne va pas l’être souvent d’ailleurs… Grenoble et Perpignan sont déjà bien en place."

L’Usap en a effectivement fait voir de toutes les couleurs à ses joueurs. Jusqu’à cette dernière seconde où l’air était irrespirable. La première victoire de la saison aura donc tenu à un coup de pied manqué… Ainsi soit-il. Pourtant, Agen menait 25-16 à la 68e. Mais un sous-nombre défensif sur les extérieurs envoyait Enzo Selponi derrière la ligne et remettait tout en cause. Exactement comme en première mi-temps quand les Lot-et-Garonnais, qui comptaient neuf points d’avance à la 36e (15-6), étaient rentrés aux vestiaires menés 16-15 après avoir encaissé un essai et une pénalité en trois minutes. "C’était peut-être de la suffisance…, reconnaissait Quentin Béthune du bout des lèvres. Nous avons commis beaucoup trop d’erreurs individuelles, balle en main ou sur les un contre un." Mauricio Reggiardo prenait moins de gants : "Par moments, on n’a pas respecté l’adversaire et on n’a pas respecté le jeu. Les joueurs ont tenté des off load impossibles dans notre camp, ils se sont lancés dans des contests impossibles dans les rucks alors qu’ils subissaient dans ce secteur." La raison ? "On s’enflamme, c’est évident quand on regarde l’attitude des mecs. Il va falloir être beaucoup plus mûrs dans certaines prises de décision."

la fin d’une semaine agitée

Le prix à payer quand on choisit de faire confiance à sa jeunesse certes talentueuse mais qui a encore besoin de gagner de l’expérience. L’association à la charnière d’Hugo Verdu et de Léo Berdeu (respectivement âgés de 21 et 20 ans) lors des cinq dernières minutes alors que le SUALG comptait seulement deux points d’avance, a par exemple semblée osée… Elle fut finalement payante. Qu’importe d’ailleurs, tout s’est bien fini. C’est ce que l’histoire retiendra. Parce qu’aussi laborieuse fut-elle, cette victoire a le mérite d’exister et de compter pleinement. Elle va en outre permettre de « travailler sereinement » cette semaine pour préparer un périlleux déplacement au Racing 92 ce week-end.

Voilà qui devrait faire du bien après les quelques jours agités que viennent de vivre les Agenais. L’annonce médiatique du départ de Mauricio Reggiardo au CO mardi aurait pu être mal digérée par le groupe. Il n’en fut rien, semble-t-il. "J’ai remercié les joueurs. C’est ma décision, je suis un grand garçon et je l’assume mais eux n’avaient rien à voir dedans et ils l’ont subie. Ils ont été à la hauteur", confiait le technicien argentin en guise de conclusion. Leur capitaine n’en doutait pas. "Je l’ai dit avant le match : quoi qu’il arrive, nous serons ensemble jusqu’à la fin de la saison. C’est notre histoire et elle durera jusqu’à la fin du mois de juin. À nous de faire en sorte qu’elle se termine en Top 14." C’est un premier pas. 

Emilie Dudon
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