Courant alternatif

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Publié le , mis à jour

toulon Deuxième défaite consécutive pour une formation toulonnaise pourtant séduisante en début de rencontre.

À la fin de l’échauffement, les Toulonnais s’étaient regroupés, unis, solidaires. Il fallait concrétiser une semaine de travail débutée par une sévère remontée de bretelle à la sauce Collazo. Un message entendu puisque les Varois réalisaient une entame parfaite. Pendant les trente premières minutes, ils imposaient leur puissance et leur vitesse. Le nouveau manager avait même un petit sourire au moment d’évoquer cette première période : « Quand les choses sont un peu mises dans l’ordre, c’est pas trop mal quand même. Il y a de la qualité, de la puissance, de la vitesse. L’équipe est capable d’avoir plusieurs registres. On a vu que lorsque l’on arrivait à se passer le ballon, on arrive à créer des choses intéressantes, des décalages sur les extérieurs. » Seulement cette domination n’a pas été récompensée à sa juste valeur selon Patrice Collazo : « Sur les trente premières minutes on s’est créé beaucoup d’occasions, enfin beaucoup de décalages et des situations favorables. Je suis déçu car on n’est pas allé au bout des choses. On a mis Pau en danger en ayant la possession et l’initiative sur la première mi-temps mais on n’a pas assez scoré. » Trente minutes intéressantes, à donner des sueurs froides au stade du Hameau, avant que les Toulonnais ne perdent le fil du match, démontrant qu’ils sont encore sur courant alternatif. À l’image de l’essai palois venu d’un jeu au pied de Mogg où les Varois se regardent, laissant rebondir deux fois le ballon. Un attentisme qui a fait perdre son sourire au manager du RCT, d’autant plus ce retour inattendu de la Section marquait la fin de la bonne période toulonnaise. La suite n’était qu’une succession d’approximations, d’en-avants, de mauvais choix, d’erreurs techniques. « Ce qui me dérange c’est que l’on part sans rien ce soir, poursuivait Patrice Collazo, Il y avait un minima, sur la première mi-temps, on s’est donné les moyens de ramener quelque chose. Sur la longueur du match, les joueurs décident de ce qu’ils vont ramener. La dernière touche me gonfle. On n’a qu’à sécuriser un ballon devant, faire un ballon porté pour ramener au moins un bonus et ouvrir notre compteur, mais on va chercher un fond de touche à la 80e minute qui est hypothétique avec la fatigue. »

 Le sol se dérobe

Il y a bien eu quelques fulgurances, quelques accélérations pendant le second acte mais jamais ils n’ont réussi à trouver de la continuité. La faute notamment à une équipe qui a perdu la bataille du sol, dépassée par l’envie, la hargne des Palois. Charles Ollivon et ses coéquipiers sont apparus désemparés dans les rucks, presque désorientés par l’arbitrage de cette phase de jeu même si le capitaine balayait cette hypothèse d’un revers de la main : « Ce n’est pas une question de règles, nous n’avons pas à nous chercher d’excuses. On s’est troué à certains moments, c’est tout. » Même constat chez Patrice Collazo : « Les Palois ont été bons sur les contre rucks, mais nous les avons bien aidés. Nous avons été mis en difficulté sur les soutiens. Nous ne sommes pas venus avec assez agressivité au sol. Nous sommes seulement venus pour sécuriser le ballon, et non pour combattre. Pau a pu nous infliger quatre ou cinq contre rucks sur nos temps forts. Le porteur du ballon n’a pas été pas assez efficace, les soutiens non plus. »
 Un manque de constance dans l’effort et de cohésion collective qui sont logiques pour l’ensemble de la troupe toulonnaise en ce début de saison. L’effectif n’est pas au complet depuis longtemps et tout le monde doit intégrer le discours du nouveau staff technique. Avec zéro point après deux journées et la réception du champion de France castrais le week-end prochain, il faut néanmoins espérer que cette semaine de travail sera suffisante pour que le RCT soit performant sur quatre-vingt minutes. 

Nicolas Augot
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