Extension du domaine de la lutte

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    Extension du domaine de la lutte
Publié le , mis à jour

En ce début de saison, Midi Olympique effectue une revue des autres pratiques sportives susceptibles d’apporter une plus-value dans la pratique du rugby à XV. Un tour d’horizon qui débute cette semaine par la lutte gréco-romaine, dont le parallèle avec le rugby dans le combat au corps à corps apparaît évident.

En préambule, soyons clairs : la meilleure préparation pour des rugbymen demeure… de jouer au rugby ! Ne serait-ce que parce que les particularités de notre sport, qu’elles soient physiques ou techniques, sont bien trop spécifiques pour être remplacées par quoi que ce soit d’autre. Reste qu’à un certain niveau de pratique, lorsqu’il s’agit de glaner un infinitésimal pourcentage de performance ou qu’il s’agit de briser la routine, toute expérience extérieure devient bonne à prendre. Voilà pourquoi, en ce début de saison, Midi Olympique a souhaité faire le tour de tous ces autres sports susceptibles d’apporter une plus-value dans la pratique du rugby. Au premier rang desquels la lutte apparaît comme une évidence, d’autant plus intéressante à souligner aujourd’hui, dans une période où la sécurité des joueurs dans les collisions revêt une importance cruciale.

Vitesse de déplacement dans les petits périmètres

Pourquoi, au juste ? Tout bonnement parce que la lutte demeure un sport de combat au corps à corps, et présente dans bien des aspects des similitudes avec le rugby. « S’il y a un point commun, c’est la vitesse de déplacement dans les petits périmètres, nous expliquait le préparateur physique de l’ASMCA Sébastien Bourdin. Comment on gère notre corps quand il va y avoir une phase de combat, comment on se coordonne, on se place pour plaquer ou pour gratter un ballon. » Ce qui se traduit en premier lieu dans la pré-action, ou plutôt la préparation des appuis, essentielle avant de négocier un plaquage. « Dans la lutte comme avant un plaquage, ce que l’on appelle le polygone de sustentation doit être le plus large possible. Les pieds écartés, les jambes fléchies, le centre de gravité bas. De cette façon, on va pouvoir arrêter l’attaquant. Pour avancer en défense, il faut au préalable supprimer le mouvement. Solidement campé sur ses appuis, le défenseur sera plus puissant du haut du corps pour passer son bras sous le centre de gravité du porteur. »

Mieux anticiper… et mieux terminer le plaquage !

À condition d’avoir su réduire, juste avant l’impact, la distance avec le bassin de l’adversaire pour mieux l’attaquer… La condition indispensable pour gagner son duel, pour lequel certaines techniques de lutte peuvent également apporter un plus au moment de la finition. « Un bon plaquage, c’est celui qui projette l’adversaire sur le dos, nous expliquait voilà quelque temps Chris Masoe, entraîneur de la défense et spécialiste des collisions du staff du Racing 92. Si le joueur plaqué tombe sur le ventre, sur le ballon, il peut plus facilement travailler au sol et assurer une bonne libération. En revanche, s’il tombe sur le dos, il aura beaucoup plus de difficultés pour se tourner dans son camp. Et surtout, il offre naturellement le ballon à une possibilité de contest. »

Du « crocodile » au « ripage »

Toutefois, au-delà de la phase de plaquage à proprement parler, c’est probablement dans les phases de ruck que la lutte offre le plus de possibilités. D’abord, tout simplement, en ce qui concerne le travail de déblayage classique, où il s’agit d’observer la posture la plus basse et dynamique possible, tout en conservant un maximum d’équilibre. Exactement comme lorsque deux lutteurs entrent en contact… Un travail qui prend d’autant plus de sens lorsqu’il s’agit d’« éliminer » un défenseur qui conteste le ballon au sol, par le biais de la prise mieux connue comme celle du « crocodile » (qui consiste à saisir l’adversaire sens dessus dessous au niveau du tronc pour le faire basculer sur le côté). Laquelle relève directement de la lutte gréco-romaine, notamment au sujet de la posture adoptée au moment de l’arrachage au sol, où le joueur qui déblaie doit adopter l’attitude la plus basse et fléchie sur les jambes possible, de manière à garder le dos droit et se saisir de l’adversaire avec le plus de force possible.

Un parallèle que l’on peut également tracer sur les tentatives de « ripage » (arrachage du ballon d’un bras sur les plaquages à deux), qui ressemble étrangement à la manière dont les lutteurs cherchent à travailler sur les liaisons de leur adversaire, en se servant de leur avant-bras entier comme une arme. Des gestes anodins en apparence, mais qui peuvent parfois faire une grosse différence…

Nicolas Zanardi
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