"On a parfois la mémoire courte..."

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    "On a parfois la mémoire courte..."
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Interview de Rabah Slimani, pilier international de Clermont.

En deux journées et deux victoires dont une significative remportée sur la pelouse du Racing, l’ASM a-t-elle confirmé que la saison calamiteuse de l’an passé était un simple accident ?

C’est un peu tôt pour dire ça mais ces deux premiers matchs nous ont fait du bien. Ils nous ont rassurés. Je pense qu’on a montré le vrai visage de l’ASM, ce qui a rarement été le cas l’an dernier. Mais attention, il reste vingt-quatre journées. Gagner deux matchs, ça ne suffit pas pour faire une bonne saison.

Mais n’avez-vous pas l’impression d’avoir marqué les esprits de vos adversaires sur ces deux journées ?

Je n’en sais rien mais n’attendez pas de moi que je dise qu’on va fracasser tout le monde cette année. On a parfois la mémoire courte. Moi, la saison dernière, je l’ai encore dans un coin de la tête. Et mes partenaires aussi. On se souvient combien on a vécu des moments difficiles. Je n’ai pas envie que nous retombions dans nos travers.

Vous aviez quitté le Stade français l’an passé pour « gagner des titres » avec Clermont. Avez-vous regretté votre choix ?

Jamais ! J’ai juste eu l’impression d’être le chat noir. Je me suis vraiment dit que c’était moi qui portais la poisse à l’équipe. Dans mon malheur, la seule satisfaction, c’est que j’ai au moins eu la chance de jouer la Champions Cup, ce qui n’aurait pas été le cas à Paris.

Mais avez-vous vécu ça comme un échec personnel ?

Bien sûr ! Je ne suis pas du tout content de la saison que j’ai réalisée l’an dernier. J’ai eu du mal à m’adapter, j’ai complètement changé de mode de vie. À Paris, j’avais mes enfants une semaine sur deux, j’étais dans un club où je connaissais tout le monde. Là, j’ai débarqué dans un club où je ne connaissais pas grand monde, une ville où je n’avais pas de repères et l’éloignement avec mes enfants n’était pas simple à vivre. Résultat : j’ai raté ma saison. Aujourd’hui, je me sens beaucoup mieux.

Vous allez affronter votre ancien club. Quel regard portez-vous sur le nouveau projet du Stade français ?

Je suis heureux de voir le club dans lequel j’ai grandi retrouver ainsi le haut de l’affiche. Je suis heureux pour mes copains avec qui j’ai quand même connu pas mal de galères, même si on a eu la chance d’être champions de France en 2015.

Pensez-vous que le Stade français puisse prétendre aux phases finales dès cette saison ?

Je suis un très mauvais pronostiqueur (rires). J’ai vraiment le sentiment qu’ils se sont donné les moyens de réussir, mais la reconstruction d’un club peut prendre du temps... C’est pourquoi je préfère ne rien dire, pour ne pas leur porter la poisse.

Le nouveau projet du Stade français pourrait-il vous conduire à revenir un jour à Paris ?

Aujourd’hui, je suis sous contrat avec Clermont et je m’y sens bien. J’ai envie de gagner des titres avec l’ASM. Mais franchement, c’est difficile de répondre à une telle question. Il y a deux ou trois ans, vous m’auriez demandé si j’étais susceptible de quitter le Stade français, j’aurai répondu : « Jamais de la vie ». Et finalement, je suis parti.

Arnaud Beurdeley
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