Après la gifle...

Secoués par la tempête venue d’Auvergne, les Racingmen ont depuis sonné la remobilisation générale.

On dit souvent qu’un match en chasse un autre. Tant que les Agenais n’ont pas posé leurs valises à l’Arena, on a ainsi du mal à biffer de nos mémoires les quarante points encaissés par les Ciel et Blanc, dimanche soir à Nanterre. Les joueurs franciliens aussi, d’ailleurs. En milieu de semaine, Teddy Iribaren nous confiait : « Cette claque contre Clermont fut une grosse désillusion pour tout le monde : premier match à la maison, quarante points à l’Arena et une copie très brouillonne… Devant leur télé, les gens devaient nous attendre à un tout autre niveau de jeu. » C’est certain. Coincés en mêlée fermée et pris en touche, les Racingmen furent surtout incapables de répondre à la stratégie clermontoise, essentiellement faite de coups de pied courts, tapés dans le dos du premier rideau du Racing. Iribaren, entré en jeu à la place de Xavier Chauveau face aux Jaunards, poursuit : « Je ne suis pas certain que la faute revienne ici en intégralité à notre couverture en second rideau. Parce que les jours où notre premier rideau est bien organisé, le numéro 10 d’en-face n’a pas le temps de jouer au pied dans notre dos. Le fait de n’avoir pas ralenti les ballons dans les rucks n’a pas non plus aidé nos joueurs, au fond du terrain. »

Au Plessis-Robinson, les deux Laurent ont sonné la remobilisation générale, sans toutefois tomber dans un catastrophisme malvenu après seulement deux journées de championnat. Iribaren, encore : « à la vidéo, il y a eu des choses qui n’ont pas fait plaisir à voir et à entendre. Nous sommes tous passés à côté de ce match, moi le premier. Après Clermont, les coachs ont donc rappelé tout le groupe à l’ordre. Mais nous sommes tous des compétiteurs. J’espère que nous n’avions pas besoin de nous faire souffler dans les bronches pour savoir qu’il faudrait très vite montrer un tout autre visage. […] Agen est une équipe vaillante, très forte sur les fondamentaux. Ces joueurs se battent et ne viendront pas à l’Arena pour nous regarder jouer. C’est exactement ce qu’il nous fallait, après Clermont. »

Leone Nakarawa de retour

Si les Franciliens évolueront sans le pilier gauche international Eddy Ben Arous (blessé au muscle pectoral), ils récupéreront en revanche le meilleur deuxième ligne de la planète, le Fidjien Leone Nakarawa. Revenu dans les Hauts-de-Seine il y a dix jours après quelques semaines de vacances aux Fidji, le facteur X des Franciliens devrait donner de l’épaisseur aux offensives du Racing 92.

Quid de Finn Russell ? Quel visage montrera l’international écossais contre le SUA ? Celui, convaincant, entraperçu à Toulon lors de la première journée ? Ou l’autre, livide, du soir de la fessée clermontoise ? Laurent Labit, l’entraîneur des trois-quarts franciliens, conclut ainsi : « Finn débarque à peine, ne parle pas la langue, manque de repères et a encore tout à apprendre. […] À Toulon, on avait dominé tout le match et lui avait donc joué sa partition dans un fauteuil. Contre Clermont, derrière un paquet d’avants dominé, ce fut plus difficile et finalement, on a vu tout le travail que cet excellent joueur de 25 ans avait encore à accomplir, notamment dans la dimension stratégique. Finn doit apprendre à peser sur le jeu lorsqu’un match ne se déroule pas comme prévu. Et il le sait ». Quoi qu’il en soit, Finn Russell aura contre Agen une autre chance de montrer sa valeur véritable.