Toulon revient de l'enfer

On connaît le goût du président toulonnais Mourad Boudjellal pour le rock n’roll. Et ce n’est pas un hasard si le boss du RCT a fait du tube monumental d’AC-DC « Highway to Hell » l’hymne du club varois, qu’il prend le soin de diffuser avant ou après chaque rencontre.

Eh bien cette fois, les Toulonnais ont emprunté cette fameuse "Autoroute pour l’Enfer". Mais dans le bon sens, cette fois. Car oui, on peut dire que le RCT revient des enfers. Un rapide récapitulatif du début de saison prend d’ailleurs des allures de cauchemar, tant les déceptions toulonnaises furent nombreuses.

Le RCT avait pourtant, à l’occasion de son premier match amical, balayé le nouveau Stade français d’Heyneke Meyer et du Docteur Wild. Une victoire 38-26, avec des essais en pagaille, du spectacle… Et puis ? Et puis plus rien. Une claque reçue à Mayol par les bêtes enragées clermontoises (21-46), et une nouvelle défaite contre les Lyonnais la semaine suivante (14-21), toujours dans son antre de Mayol. De quoi inquiéter avant la réception du finaliste de la dernière Coupe d’Europe, le Racing 92. Les doutes se sont vite confirmés, et Toulon a encore baissé pavillon à domicile (9-25). Une série de défaites à domicile que l’on n’avait pas vue depuis des lustres. On espérait que le RCT se rachète une conduite à l’extérieur, à Pau. Une révolte qui ne dura qu’une demi-heure, pendant laquelle Toulon mena au score. Mais non. La Section fut encore trop forte. Quatre défaites de rang. Ça, ce n’est pas Toulon. Alors la réception de Castres prenait un relief particulier. C’était le match du rachat. Mieux, celui du grand pardon. Celui qui devait montrer au public toulonnais à quel point ce groupe avait la rage de vivre, malgré les coups durs qu’une saison peut compter. Le dernier en date ne remontait qu’à trois jours, quand l’épaule du troisième ligne et capitaine Charles Ollivon céda au beau milieu de l’entraînement du jeudi. Une terrible rechute qui pourrait même conduire l’international vers la retraite forcée.

Zéro point au classement, un capitaine sur le flanc… avouez que l’on peut difficilement faire pire comme début de saison. Et il y eut ce nouveau choc, à Mayol, opposant le RCT au champion de France en titre, Castres. Un match douloureux, dans lequel le RCT a quasiment été mené de bout en bout par des Castrais sans complexe. Une rencontre qui ne restera pas non plus dans les mémoires des supporters toulonnais tant leurs joueurs ont multiplié les maladresses ou les fautes grossières : "Il faut être patient, certains joueurs disputaient là leur premier match de la saison, tempérait le jeune ouvreur Louis Carbonel, Il nous faut un temps d’adaptation, nous ne sommes pas encore à 100 %, qu’il s’agisse du pack ou de la ligne de trois-quarts." "Il y avait de la nervosité, des maladresses, mais nous avons su faire preuve de caractère", préférait positiver le capitaine Mathieu Bastareaud. Mais en l’état des choses, Toulon n’a pas à faire la fine bouche. Le RCT a débloqué son compteur de point et ça, ça vaut tout l’or du monde. Le match a au moins montré une chose : le club toulonnais peut compter sur la concurrence pour grandir. Si les titulaires toulonnais ont, dans l’ensemble été décevants, les remplaçants varois ont redonné un peu d’énergie à une équipe apathique : les Guirado, Potgieter, Fekitoa ou Monribot ont montré qu’ils méritaient mieux qu’une place sur le banc. Tant mieux, car Patrice Collazo aura besoin de toutes les bonnes volontés pour faire revenir le RCT au sommet de l’affiche. À commencer par celle de Mathieu Bastareaud qui, après avoir fait son mea culpa, a lancé ce message à ses coéquipiers : "Nous devons croire en notre projet."