"Nous ne sommes pas les meilleurs mais j’ai une grande foi en notre équipe"

Paddy Jackson - Ouvreur de Perpignan. Le maître à jouer, déçu de ne pas avoir vu le sursaut d’orgueil récompensé, est conscient des manques des siens mais reste convaincu que la roue va tourner.

Troisième journée et troisième résultat décevant pour Perpignan. Comment le vivez-vous ?

Oui, c’est encore une défaite. C’est peut-être la plus frustrante de toutes. Car nous avons vraiment rivalisé avec ce qui est une des plus grosses équipes du championnat. J’ai apprécié l’effort collectif dès les dernières minutes. Nous sommes parvenus à récupérer le ballon, à nous mettre en position de marquer, à pousser l’adversaire à la faute… Ça aurait été mérité de marquer un essai mais nous ne sommes pas parvenus à créer la différence.

Qu’a-t-il manqué à l’Usap pour forcer la décision finale ?

Déjà, je tiens à dire à quel point j’ai été impressionné par la défense de Lyon. Quelle résistance ! C’était très dur de gagner la ligne d’avantage, notamment sur la fin. L’adversaire n’a rien lâché. De notre côté, je pense qu’il nous faut gagner en intelligence de jeu. En seconde période, nous avons donné des pénalités trop faciles qui ont annihilé plusieurs de nos temps forts. Ces erreurs de gestion coûtent cher car il y a eu les opportunités de prendre l’avantage. Je pense que ce dénouement nous servira de leçon.

Ne ressentez-vous pas de l’inquiétude avec l’accumulation de résultats défavorables, même si le championnat ne fait que débuter ?

Le premier match est à oublier car l’équipe était passée à côté de ce rendez-vous. Ce n’était pas le reflet de ce que nous sommes. Mais je retiens que sur les deux dernières rencontres, nous avons rivalisé. Ça prouve que l’Usap est à sa place en Top 14. Ça aurait pu faire deux victoires, à peu de chose près. Je suis convaincu que ce groupe a une belle marge de progression et que le temps joue en sa faveur. Tout dépendra de notre capacité à apprendre de ces revers. Il faut, en tout cas, garder confiance en notre projet. Nous ne sommes pas les meilleurs sur le papier mais j’ai une grande foi dans cette équipe : elle a du cœur, du talent, du caractère. Il y a de quoi inverser la tendance en notre faveur.

Quelles sont vos premières impressions à propos du Top 14, vous qui étiez habitué à la Ligue celte ?

J’adore l’émulation entre toutes les équipes. C’est très dense comme championnat et il y a un bel engouement autour de chaque match. C’est très enthousiasmant. Je trouve que le rugby est assez débridé. En Ligue celte, tout est très structuré et orienté autour de la défense. C’est un peu plus lent qu’en Top 14. Même s’il n’y a pas la victoire pour le moment, c’est très excitant pour un joueur de découvrir cette nouvelle compétition.

Comment vous sentez-vous, sachant que vous sortez d’une saison blanche ?

Je suis très content d’avoir retrouvé les pelouses. Ça m’avait beaucoup manqué. Je n’ai qu’une envie : enchaîner, jouer le plus possible et retrouver toutes mes sensations pour continuer à m’intégrer. Je sens que je peux donner plus, j’ai envie de donner plus à cette équipe, à Patrick (Arlettaz, N.D.L.R.). Je sais qu’il y a de l’attente et je ne veux pas les décevoir. Je suis perfectionniste, donc…