"Une semaine agitée"

Michael Cheika - Sélectionneur de l’Australie. Le boss des Wallabies peut souffler après ce succès un brin chanceux.

Avec cette une victoire importante, dans un contexte difficile, vous devez être particulièrement satisfait, non ?

Nous avons connu une semaine plutôt agitée avec les forfaits successifs de Pocock, Folau et Coleman mais les joueurs ont bien répondu à leur défi. Ils ont su respecter les fondamentaux et garder leur structure lors des dernières minutes. Chacun a rempli son contrat, surtout sur les plaquages en un contre un. Cette victoire récompense leurs efforts et leur acharnement à ne rien lâcher. Ça fait du bien de voir des sourires dans les vestiaires.

Quand avez vous appris les forfaits de Folau et Coleman ?

Pour Folau, la décision a été prise vendredi. Je pensais qu’il pourrait jouer mais il faudra attendre encore une semaine. Pour Coleman, sa femme attend un heureux évènement imminent et il était important qu’il soit auprès d’elle. Il était hors de question qu’il revienne avec nous. La famille est prioritaire. Cela m’a forcé à appeler d’urgence Rob Simmons que j’avais renvoyé à Sydney pour jouer en NRC avec son club. J’ai appelé Chris Whitaker, son entraîneur, pour lui demander de mettre Simmons dans l’avion et en m’excusant humblement pour l’embarras dans lequel je le mettais. Mais cela prouve que tout le monde pousse derrière les Wallabies.

Quel sentiment ressentez-vous après ce match ?

J’ai vu un groupe qui a su réagir quand il fut confronté à des situations pour lesquelles ils n’étaient pas forcément préparés. J’ai vu des garçons qui se sont battus pour garder une victoire qu’on essayait de leur arracher des mains. Ils ont su se relever quand ils étaient touchés. Mais il y a eu beaucoup d’inconstance dans notre jeu, notamment au niveau des avants. Nos avants sont bons quand ils jouent debout, qu’ils sont dans le jeu et ne se posent pas de questions en se replaçant constamment pour accomplir leur tâche. C’est ce que je leur demande mais on a gaspillé deux ou trois ballons très chauds sur la ligne d’en but. Nous aurions dû être davantage patients mais, de manière générale, nous n’avons jamais pu imposer notre rythme. Les joueurs étaient sans doute trop enthousiastes par moments alors qu’il aurait fallu être plus réalistes et précis pour espérer marquer.

Vous avez lancé la paire Beale- Toomua pour animer le jeu. Quelles ont été vos impressions ?

Je les ai trouvés bons et je pense que l’entrée de Foley a permis de constituer un triangle qui a parfaitement fonctionné. Mais ne nous voilons pas la face, il y a encore du travail. C’est la première fois qu’ils jouaient ensemble. Les automatismes ne sont donc pas encore là. Nous n’avons pas eu beaucoup de ballons d’attaque et, quand nous nous mettons en bonne position, comme sur ce coup de pied dans le coin de Beale, il a suffi d’un moment d’inattention pour qu’ils jouent la touche dans notre dos et qu’on perde du terrain. Il nous faut éliminer ces manques d’attention. C’est en restant concentrés que l’on pourra maintenir la pression sur l’adversaire et les forcer à la faute.

Un mot sur votre pilier Taniela Tupou qui a joué un rôle crucial lors de sa rentrée. Entre-t-il dans vos plans immédiats ?

D’abord, n’oublions pas que Taniela n’a que 5 sélections. Il n’y a pas d’urgence ni de panique. Laissons lui le temps de s’adapter au jeu de haut niveau. Il a besoin d’apprendre, notamment de ses fautes. Ce que j’aime, c’est qu’il a envie de progresser et d’apprendre. Il en va de même des talonneurs. Je vais persévérer avec ces garçons (Fainga’a, Paenga-Amosa ou Latu), les faire travailler, améliorer leurs technique et leur donner l’expérience nécessaire. Ils seront au niveau ne vous inquiétez pas.

Par Jacques Broquet