Pau de fer

Pau - Intraitable en défense et maîtresse de l’occupation du terrain, la Section a su planter en première période les banderilles nécessaires pour fatiguer les Grenoblois et contenir leur retour en fin de match. De quoi effectuer le plein de confiance avant la réception de l’ogre clermontois…

Et Simon Mannix éructa. On jouait la 79e minute et 58secondes, lorsque M. Ruiz tendit le bras en direction des Grenoblois pour une protection au sol illicite, alors qu’il venait tout juste d’avertir les Béarnais quant à leurs attitudes. « Ce que j’ai dit à ce moment-là ? Un mot en « f... » qui est intraduisible en français », s’amusait le manager palois. « Sur le coup, je me suis dit qu’on se complique la tâche mais je faisais confiance aux copains », souriait le pilier Malik Hamadache, plutôt à son avantage sous les yeux de l’entraîneur du XV de France Julien Bonnaire. « Ils avaient déjà récupéré une touche deux minutes avant, ils pouvaient le refaire. » Et ils l’on refait. Rendant à cette dernière faute le statut de péripétie évitable, probablement l’unique grossière erreur de Béarnais capables de jouer le coup parfait à l’extérieur. « Ce qui est bien, c’est que nous avons maîtrisé notre match, confirmait Mannix. Au moment de notre troisième essai, j’ai notamment beaucoup apprécié le travail de nos avants sur ce qu’on appelle les zones vertes, les zones de marque, où ils ont su faire preuve de patience. » 

Deux éclairs du fond du terrain

Voilà pour l’œil du spécialiste. Quant à celui du profane ? Il aura admiré, en premier lieu, le dynamisme et l’organisation d’une défense qui a écœuré les Grenoblois au point de contraindre ces derniers à évoluer dans le petit périmètre, quelques éclairs de génie venus du fond de terrain (Malié-Mogg) qui ont abouti à deux essais (dont le deuxième, sublime, de Julien Blanc) et surtout une condition physique irréprochable. « Je ne suis pas là pour juger le FCG, cadrait Mannix. En revanche, je savais que nous étions capables de tenir sur des séquences longues. Ce dont je suis surtout satisfait, c’est que ce soit nous qui soyons mieux parvenus à imposer notre rythme, parce qu’on se fatigue beaucoup plus à courir après le ballon. » « Pour mettre en place le jeu qu’on souhaite, il n’y a pas d’autre choix que d’être prêt physiquement, prolongeait l’arrière Charly Malié. Nous avons plutôt bien tenu et c’est évidemment un motif de satisfaction. Grenoble est une équipe qui aime beaucoup contre-attaquer et ce genre d’équipe peut parfois avoir des lacunes défensives sur les turnovers. Nous l’avons plutôt bien identifié et ça nous a permis de breaker à plusieurs reprises. » 

Jeu au pied supérieur

Toutefois, il faudrait être aveugle pour résumer la domination athlétique des Palois à leur seule condition physique. La réalité ? C’est que ces derniers ont surtout bénéficié, par l’intermédiaire du duo Mogg-Taylor ainsi que de Julien Blanc, d’une qualité de jeu au pied en tous points supérieure à celles des Isérois. Vainqueurs de tous les échanges de ping-pong rugby, les Béarnais en ont logiquement profité pour faire souffler leurs avants, facilitant clairement leur travail défensif. « On ne va pas se mentir : c’est une chance énorme d’avoir ces mecs, des Jesse Mogg, des Tom Taylor, des Charly Malié, se félicitait Malik Hamadache. Quand on joue devant et qu’à la fin des échanges de ping-pong rugby, l’action se termine par une touche dans le camp adverse, ça donné forcément le moral et ça soulage tout le monde… C’est probablement cela qui nous a permis de mieux négocier les séquences longues que nos adversaires. » Et permis de présenter le visage d’un Pau de fer, qui sera toutefois soumis à une autre adversité la semaine prochaine face à Clermont. Une perspective qui a certes de quoi effrayer, sachant que les Jaunards se déplaceront au Hameau avec la ferme intention de solder le compte de la saison passée, avec ce fameux coup de sang de Kakabadze. Reste que la Section a démontré ce dimanche qu’elle aura elle aussi ses arguments, et de quoi faire chuter la moyenne de points par match inscrits par l’ASMCA si elle persévère dans cette v