Potion très amère

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Bordeaux-Bègles - Le bonus est flatteur pour l’UBB qui ne s’est réveillée que dans les dix dernières minutes. Quel triste constat.

Les Bordelais peuvent s’estimer heureux d’avoir récolté ce bonus défensif en fin de rencontre. Il fut le fruit de deux « cocottes » après touche à cinq mètres… le deuxième converti en essai de pénalité avec la transformation automatique qui va avec. Mais si l’on se base sur la première heure de la partie, le bilan fut franchement inquiétant. Cette équipe fut d’une rare inefficacité et même d’une franche pauvreté offensive. Nous n’avons pas noté de séquence collective vraiment menaçante avant la 75e minute et un essai justement refusé à Alexandre Roumat en bout de ligne (heureusement au final vu la difficulté de la transformation. S’il avait été accordé, l’UBB n’aurait sans doute pas marqué son deuxième essai à sept points direct dans la foulée).

Bérézina en touche

Reconnaissons une part de malchance dans cette fin d après-midi agenais : la sortie en dix minutes (21e-31e) des deux centres Ulupano Seuteni et Semi Radradra, ce qui obligea Rory Teague à modifier toute sa ligne de trois-quarts : Serin à l’ouverture, Gimbert à la mêlée et Méret au centre. L’UBB avait choisi un « six-deux » sur son banc qui s’est retourné contre elle. "Tout s’est bouleversé, surtout avec la sortie de Semi. Mais ça n’a pas changé notre système, ni notre tactique. On voulait rester dans ce qu’on avait prévu, mais ça n’a pas marché", a expliqué Jules Gimbert, 20 ans. En guise d’analyse, Laurent Marti visiblement très triste se borna à un laconique : "Il faut féliciter les Agenais, ils ont mis beaucoup de cœur et d’agressivité. Nous, ce n’était pas du tout ça". Les joueurs bordelais avaient peut-être moins d’envie, on veut bien l’admettre.

Mais il faut aussi trouver des éléments objectifs à cette contre-performance douloureuse, plus que ne l’indique le score. Que penser de cette nouvelle «bérézina» en touche ? Cinq ballons offerts à l’adversaire, directement sur le saut où par des bourdes à la retombée, souvent dans les 22 adverses en plus. Teague et son adjoint Luke Narraway devront mettre les bouchées doubles durant la semaine. Cette lacune criante vient à notre avis mettre à mal le système de jeu voulu par Rory Teague. Celui-ci demande à sa charnière et surtout à son demi de mêlée de jouer beaucoup au pied pour privilégier l’occupation. "On essaie de pratiquer un jeu de pression et de défense. C’est parfois frustrant… Mais on doit rester dans ce système", poursuivit Jules Gimbert. Cette occupation par moment réussie fut réduite à néant par cette conquête défaillante. Le plan de jeu contraignant s’est alors retourné contre l’équipe. L’allusion de Mauricio Reggiardo ressemblait à un coup de pied de l’âne.

Tout ça a abouti sur une prestation si médiocre avec toujours ces fautes de main désolantes avant que la défense adverse ait le temps de s’inquiéter. Cette équipe semble déjà en manque de confiance et de sérénité. Est-ce une apparence ? On verra ce qu’il en est contre Clermont. Un tournant déjà capital. Rory Teague doit faire mieux que quatre victoires en seize matchs depuis qu’il est entraîneur en chef.

Jérôme Prévot
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