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    Fickou lance le Stade Français
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Fickou lance le Stade Français

Paris - L’ancien trois-quarts centre du Stade toulousain Gaël Fickou, auteur des deux premiers essais de son équipe, a permis de lancer le Stade français vers une victoire bonifiée. Suivez le guide.

Depuis son arrivée dans la capitale, Gaël Fickou semble s’épanouir un peu plus à chaque sortie. En se montrant particulièrement en forme, incisif. "Avant d’arriver ici, j’avais dit à Heyneke qu’il ne fallait surtout pas me lâcher par rapport à ça car je savais que ce serait la clé, a raconté dimanche soir Fickou, passé de 101 kg à 96 kg. Je suis content, ça commence à payer, mais il ne faut pas s’emballer." Face à Toulon, Gaël Fickou a repris le droit fil de sa carrière. Celle-là même que beaucoup lui promettent depuis ses débuts, façon Philippe Sella… "Il a réalisé une performance internationale", s’est enthousiasmé son entraîneur Pieter De Villiers.

"Par où t’es rentré ? On ne t’a vu sortir"

Par deux fois, il a donc été le détonateur de son équipe. Sur le premier essai, il s’est joué de la défense varoise grâce à un magnifique « une-deux » avec son compère du centre, Jonathan Danty. À toi, à moi. "Par où t’es rentré ? On ne t’a vu sortir." Voilà le genre d’action qu’Heyneke Meyer attend de lui. Sur son deuxième essai, c’est une course féline dont il a secret qui a opéré. Son intelligence situationnelle aussi. Après plusieurs temps de jeu, il était donc servi face à plusieurs avants toulonnais à hauteur de la ligne des quarante mètres. Il naviguait, semblait flotter, puis accélérait après avoir vu que face à lui se présentaient Guilhem Guirado et Marcel Van der Merwe, respectivement talonneur et pilier de leur état (20e). Du beau, du bon Fickou. "Mike (Prendergast, entraîneur de l’attaque) m’a répété toute la semaine que des situations de ce genre allaient se présenter et qu’il fallait que je les joue, a-t-il souligné. Je pensais que Guilhem allait me couper en deux, mais finalement ma feinte a fonctionné. Ça s’est fait au feeling." Sur deux actions, il plaçait donc son équipe sur le chemin de la victoire.

Mais le match de Gaël Fickou ne se résume pas à ces deux essais. À chaque prise de balle, il a créé le danger. Un exemple ? Sur un ballon de récupération, il se lançait dans une course en travers. De prime abord, l’initiative pouvait faire craindre le pire. Mais Fickou est en pleine confiance. Il tente, il ose. Avec une franche réussite. Il effaçait encore plusieurs défenseurs avant de décaler par une longue passe Sekou Macalou le long de la ligne de touche (60e). In fine, la percée du troisième ligne stadiste s’acheva par un ballon rendu. Il reste ce plaisir : avec rien, Fickou fait beaucoup.

Même quand il faut défendre, le natif de la Seyne-sur-Mer donne de sa personne. C’est lui qui rattrape par les lacets le trois-quarts centre néo-zélandais Fekitoa qui filait à l’essai (72e). Heureuse initiative puisque trois minutes plus tard, le deuxième ligne Hugh Pyle était à la conclusion d’une dernière attaque, synonyme de bonus offensif pour les Soldats roses.

"Fit, fit, fit"

On ne saura sans doute jamais de quelle façon Heyneke Meyer a donné autant de confiance à un joueur longtemps qualifié d’éternel espoir. Un joueur qui, malgré déjà 38 sélections à seulement 24 ans, peine à s’installer comme un cadre indéboulonnable chez les Bleus. Était-il à Toulouse dans une zone de confort, trop douillette pour se faire mal ? Depuis la reprise de l’entraînement, à l’instar de ses partenaires surpris et parfois décontenancés par la préparation physique imposée par le nouveau staff parisien, Fickou ne ménage pas sa peine. "Fit, fit, fit" (affûté, N.DL.R.) ne cesse de répéter Meyer depuis son arrivée, à propos de ses joueurs qu’il avait jugés insuffisamment préparés. "Heyneke m’a expliqué comment il avait travaillé avec des joueurs comme Habana, par exemple, lorsqu’il était aux Bulls. Ça m’a vraiment plu", disait Fickou en juin dernier. L’ailier sud-africain, à la retraite depuis l’an passé, a cumulé 124 sélections chez les Springboks pour 335 points inscrits. L’exemple à suivre est trouvé, le stade français en rêve.

Arnaud Beurdeley
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