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Edito

Pour changer, on bricole

L'édito de Léo Faure... D’une tournée à l’autre, d’un sélectionneur au suivant, on comprend toujours ce discours. Il faut refermer le groupe des joueurs, le plus vite possible. Stabiliser une charnière, installer une paire de centres, conforter une première ligne. C’est une évidence, un lénifiant axiome dans le vent : une équipe joue mieux lorsqu’elle se connaît. Alors, il faut persévérer. Et commencer tôt.

Voilà comment on construit une grande équipe, susceptible de s’asseoir sur un trône mondial. En lui donnant des habitudes de jeu et, plus encore, du confort. En lui assurant 80 sélections à moins de 30 ans, comme tous les noms cités plus haut. Avec une marge réduite, c’est ce à quoi veut s’atteler Jacques Brunel, après les raclées néo-zélandaises du mois de juin. Comme Guy Novès, Philippe Saint-André ou Marc Lièvremont avec lui, le technicien gersois sait qu’il n’y a qu’en refermant son groupe qu’il parviendra à un résultat durable, à moyen terme.

En a-t-il seulement les moyens ? C’est moins sûr. Les rares vérités de juin ont déjà été balayées par le vent du Top 14. En Nouvelle-Zélande, Bernard Le Roux a marqué des points, rehaussé dans cette deuxième ligne qu’il refuse d’habiter en club. Enfin, du concret ? Raté. Suspendu sept semaines pour un geste de rugby plus bête que méchant mais en situation de récidive, le Francilien ne pourra plus jouer jusqu’aux test-matchs d’automne. Deux mois sans match, difficile d’en faire un titulaire pour défier les Springboks.

Dans le même registre, Couilloud a dit adieu aux Bleus pour la saison, Dulin, Machenaud et Yacouba Camara n’ont toujours pas rejoué. Raka, sélectionné à coup sûr pour peu qu’il décroche (enfin) son passeport français, s’est blessé. Et il reste un mois... Pas envie de porter la poisse, mais l’expérience des précédentes saisons nous assure encore cinq blessés. A minima. Et un nouveau bricolage à venir.

Faute de pouvoir protéger ses joueurs comme de vulgaires All Blacks, Brunel devra donc composer. Et quitte à lancer de nouveaux joueurs, autant y aller franco. Des jeunes. Des très jeunes, même. Des champions du monde U20 ? S’il le faut. La majorité du groupe sacré en juin, à Béziers, ne verra pas le Mondial 2023. C’est un fait statistique. Beaucoup ne verront même jamais le maillot bleu. Dans une génération championne du monde junior, il y a pourtant des êtres à part. Des Ovni, à même de devenir des internationaux dominants. On pense à Jordan Joseph, Demba Bamba, Romain Ntamack ou Louis Carbonel. Ceux-là, oui, ont la trempe des grands. En 2023, ils devront en être. Avant ? À voir. Mais puisque des places en Bleu viennent justement de s’ouvrir, autant qu’elles leur reviennent. Ce ne sera jamais du temps de perdu...

Léo Faure
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