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Place aux jeunes dans le XV de France ?

Sacrés champion du monde en juin dernier, plusieurs joueurs de l’équipe de France de 20 ans frappent à la porte du XV de France. Revue d’effectif.

"Maintenant, nous allons obligatoirement resserrer le groupe en novembre pour essayer d’en tirer la quintessence." Ces propos sont ceux du sélectionneur Jacques Brunel au lendemain du dernier test-match de la tournée en Nouvelle-Zélande. En se basant sur ce postulat, l’espoir de voir débarquer au sein du XV de France quelques jeunes joueurs sacrés champions du monde avec les moins de 20 ans en juin dernier est mince. Famélique. Sauf que. Le sélectionneur sait aussi pertinemment que certains postes sont toujours en jachère. Et qu’il a en sa possession une liste de joueurs que le staff des moins de 20 ans a remis à la DTN, susceptibles de s’immiscer dans son groupe dans la perspective du voyage au Japon. Naturellement, la question s’impose.

Darricarrère : "Jordan Joseph ? Il a des super pouvoirs" 

Selon nos informations, Sébastien Piqueronies et David Darricarrère avaient couché sur cette liste cinq noms de joueurs à fort potentiel : Jordan Joseph (Racing 92, troisième ligne centre, Romain Ntamack (Stade toulousain, demi d’ouverture ou centre), Louis Carbonel (RC Toulon, demi d’ouverture), Clément Laporte (SU Agen, arrière) et Demba Bamba (CA Brive, pilier). "Peuvent-ils performer tout de suite au niveau international, s’interroge Darricarrère ? Je ne sais pas. Nous sommes dans la position de ceux qui voient la mariée peut-être un peu trop belle. Mais quand je regarde les performances de certains depuis le début de saison, je me dis qu’ils ont une belle carte à jouer."

Un exemple ? Même si l’entraîneur des Bleuets ne souhaite pas confirmer les noms des joueurs soufflés au creux de l’oreille de Brunel, il s’enthousiasme sur les performances de Joseph. "Lui, il a des superpouvoirs." À son poste, la concurrence est mince. Marco Tauleigne blessé, Louis Picamoles plus ou moins en disgrâce tricolore, Fabien Sanconnie très discret depuis son arrivée au Racing, ce gamin de 18 ans, formé à Sarcelles dans le Val d’Oise, devrait être invité à découvrir le XV de France en novembre prochain. Ses entraîneurs en club, Laurent Travers et Laurent Labit, sont dithyrambiques à son sujet, mais assurent qu’ils ne veulent pas le "griller". Sauf que : "D’autres comme Thomas Castaignède ou Frédéric Michalak ont débuté très jeunes en équipe de France, souligne Darricarrère. En clair, pourquoi ne pas tenter le coup ?"

En juin dernier, la France du rugby a également découvert le pilier Demba Bamba, solide et puissant, mobile et doté d’une technique individuelle déjà bien affirmée. Mais il évolue aujourd’hui en Pro D2. "Et alors, rétorque Sylvain Marconnet, du haut de ses 84 sélections en Bleu. Ce gamin, c’est de l’or en barre. Et pour ceux qui s’inquiètent de sa tenue de mêlée, je dis que certaines oppositions dans ce secteur de jeu sont plus difficiles en Pro D2 qu’au niveau international." Certes, mais quid du rythme ? "Son choix de rester en Pro D2, c’est une formation en accéléré, jure alors Darricarrère. Il est encore plus affûté qu’en juin dernier. Lors de la première journée, il a passé un sérieux test face à Bayonne et Aretz Iguiniz. Je ne l’ai pas vu en souffrance."

Quid de Ntamack, Carbonel et Laporte ?

Chez les trois-quarts, Romain Ntamack, Louis Carbonel, Clément Laporte jouent régulièrement depuis le début de saison avec leurs clubs respectifs. Suffisant pour intégrer la grande équipe de France ? À voir. Les deux premiers doivent faire face à une concurrence (Camille Lopez, Antony Belleau à l’ouverture) déjà bien en place dans l’esprit de Jacques Brunel. La polyvalence de Romain Ntamack n’est pas forcément un avantage supplémentaire, le poste de centre chez les Bleus de Brunel étant également fourni. Quant au poste d’arrière, celui de Clément Laporte ou Kylan Hamdaoui , depuis la blessure du Racingman Brice Dulin les essais (Médard, Palis, Fall) se sont multipliés. Mais sans franchement convaincre…

Arnaud Beurdeley
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