Cœurs vaillants

La Rochelle - Après une entame réussie, les maritimes n’ont pas craqué. Un visage conquérant qui a sans doute plu à leur président, après un discours virulent de celui-ci à quelques jours du match.

"C’est une belle montagne, un gros sommet qui nous attend", avait anticipé Xavier Garbajosa, à quarante-huit heures du rendez-vous clermontois. Il est vrai qu’à côté du Puy-de-Dôme et de ses 1 465 mètres d’altitude, les trente-sept mètres de la tour Saint-Nicolas qui garde le Vieux-Port paraissent bien minuscules, non ? S’il n’était bien sûr pas nécessaire d’aller jusque-là pour illustrer l’écart entre les deuxéquipes après six journées, le bilan de La Rochelle (9e) n’avait pas grand-chose à voir avec celui de l’ASMCA, solide leader du Top 14. Sans doute échaudé après la piètre figure de ses joueurs à Bordeaux, malgré un retour en fin de match (34- 22), le président rochelais Vincent Merling avait lancé la semaine de la réception du leader par un avertissement, avec une prise de parole musclée. Un interventionnisme plutôt rare mais jugé nécessaire. "Il est intervenu à juste titre, reconnaissait Vincent Rattez. C’est presque une faute professionnelle de prendre trente-quatre points en une mi-temps (à Bordeaux, N.D.L.R.). ça nous met les pieds sur terre. On va dire que ce fut une petite sonnette d’alarme bénéfique."

C’est donc dans ce contexte que La Rochelle abordait le match contre Clermont. Avec deux franches offensives dans les cinq premières minutes, de Victor Vito et Uini Atonio qui manquaient de soutiens, le ton était donné et même voulu. "On savait que les conditions de jeu allaient se dégrader au fil du temps, relevait l’entraîneur des avants Grégory Patat. Il fallait faire une grosse entame et ce fut le cas. Nous avons fait une grosse première mi-temps et c’est vrai que la mêlée nous a fortement aidé à accomplir une bonne performance. On savait que la première défense, c’était à la source, donc en mêlée, en touche et en conquête." Avec trois pénalités réussies par Ihaia West, obtenues notamment grâce à leur domination en mêlée fermée, les Maritimes menaient 9 à 0 à la pause.

Plus d'envie 

Le ciel, de plus en plus menaçant, finissait par craquer. Le déluge commençait à s’abattre sur Marcel-Deflandre et, au coup d’envoi de la seconde période, l’insaisissable ailier Damian Penaud filait à l’essai après une erreur de Thomas Jolmes. Tout était à refaire mais les Jaune et Noir gardaient confiance en dépit du vent qu’ils devaient subir lors de ce deuxième acte. "Dans l’en-but, j’ai dit que c’était une piqûre de rappel, rapportait l’un des vice-capitaines Romain Sazy. C’était à nous de montrer qu’on avait plus envie qu’eux." Et c’est ce qu’ils firent. Les Clermontois tombaient en quelques minutes (entre la 53e et la 57e) dans une indiscipline chronique pour se retrouver à douze, après deux cartons jaunes (Yato, Falgoux) et un rouge (Uhila). Le Rochelais Arthur Joly avait aussi pris le sien en même temps que celui d’Etienne Falgoux pour des fautes répétées en mêlée. Les efforts des Rochelais payaient à l’heure de jeu, Clermont enfonçait la mêlée. M. Cayre indiquait l’essai de pénalité (59e, 16 à 5).

Malgré l’essai d’Ulugia, qui donnait le bonus défensif aux Auvergnats, le Stade rochelais tenait bon pour aller chercher un succès important avant de retrouver le Top 14, le 28 octobre, chez Patrice Collazo à Toulon. "Nous avons bataillé ensemble, appréciait Romain Sazy. C’est là-dessus qu’il faut qu’on se base pour avoir un socle de travail. En partant de là, on a vu que nous pouvions contrecarrer une équipe de Clermont en étant solidaires et acharnés." Sans doute la leçon du match. 

Par Arnaud Bebien