Une victoire qui comptera

Mont-de-Marsan - Mal embarqués, les Montois ont renversé la vapeur en seconde période, démontrant pour l’occasion leur force mentale.

Il arrive, dans la vie d’une équipe, qu’un succès, plus que d’autres, influence une saison ou un parcours. L’avenir dira si celui obtenu par le Stade montois vendredi soir face à Biarritz est à ranger dans cette catégorie, mais on a la sensation qu’il pourrait en faire partie. Car indéniablement, cette victoire a montré qu’un changement est en train de s’opérer dans ce groupe montois. Malgré sa pérennité au plus haut niveau de la compétition depuis plusieurs saisons, cette rencontre, les années précédentes, le Stade montois l’aurait possiblement perdue, par manque de constance dans l’effort, ou une forme de découragement face à trop d’éléments contraires.

Mais vendredi, face à l’adversité, les joueurs du président Cazeaux ont montré beaucoup de vertus pour s’imposer. Il leur a fallu d’abord du caractère, traduit par une solidarité sans failles. Mais aussi de la maîtrise, pour ne pas se laisser perturber par un arbitrage que l’on qualifiera, pour rester politiquement correct, d’aléatoire. Il leur a fallu enfin de la lucidité pour transformer la rage née d’un diffus sentiment d’injustice en enthousiasme collectif et en talent.

La fierté de Laussucq

Christophe Laussucq, très agacé en zone de presse, a rendu un bel hommage à ses joueurs : "Ce soir, je suis très fier de la réaction de l’équipe. Les garçons étaient très énervés à la mi-temps et ils auraient pu sortir du match. Mais ils ont su se recentrer sur le jeu, faire abstraction des éléments extérieurs que nous ne maîtrisons pas, et s’appliquer sur ce que nous savons faire, en y mettant beaucoup de cœur comme le démontre notre performance défensive." Et ils ont en effet servi une seconde période d’un tout autre calibre que la première, au point que le public s’est pris un instant à rêver de bonus offensif tant ses protégés ont régné sur ce second acte, s’offrant un nombre conséquent d’occasions de marquer.

Au final, le miracle du bonus n’a pas eu lieu, mais qu’importe. L’essentiel était ailleurs, dans cette capacité collective à se surpasser. Au propre comme au figuré, face à Biarritz, le Stade montois n’a pas perdu la tête. Il se rendra à Nevers en position de leader, pour un choc qui nécessitera, là encore, de puissantes vertus mentales.

Par Pierre Baylet