• Le pari du jeu main-main
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Champions Cup

Le pari du jeu main-main

Souhaitant limiter à tout prix les passages au sol, les Héraultais ont fait le pari du jeu après contact et des passes dans la défense.

Vern Cotter s’y attendait. Le technicien néo-zélandais savait que ses adversaires écossais allaient tout faire pour déplacer son pack et faire suffoquer ses meilleurs porteurs : « Ils ont misé sur le rythme pour nous déplacer. Ils ont l’habitude de jouer ainsi en Ligue Celte, c’est le style de jeu qui domine », nous confiait le boss du MHR. Et il n’a pas tort. L’année dernière, le Pro 12 était le championnat européen où la moyenne de passes (environ 212 par rencontre) était la plus élevée, loin, bien loin devant le Top 14. Dès lors, comment dérégler la machine à passer des Ecossais ? Plusieurs facteurs auraient pu les inciter à opter pour un jeu frontal, à une passe, peu risqué mais redoutable quand il est pratiqué par ses golgoths héraultais : un terrain lourd, une équipe adverse moins dense, la pression inhérente au premier match européen à domicile… Le tryptique conquête-défense-occupation semblait la stratégie idoine pour s’imposer. Mais il n’en fut rien.

Mutation en cours

Dès les premières minutes de la rencontre, les Héraultais ont cherché à jouer les intervalles à la main et à faire jouer derrière eux : « Nous voulions laisser couler le jeu, garder le ballon vivant. Cela a bien marché en première mi-temps », nous confiait le deuxième ligne Nicolas Janse Van Rensburg. Dominateurs sur la ligne d’avantage et plutôt adroits dans leurs transmissions dans la défense, les Montpelliérains ont rapidement causé des dégâts dans la défense écossaise : « Il vrai que cela nous a réussit sur la première partie du match, confirmait le capitaine et numéro 8 du MHR, Louis Picamoles. Les soutiens étaient rapides, bien placés… on veillait à toujours avoir un soutien dans le dos du porteur, car c’est la base.. » Certes, les Cistes n’ont pas été capables de maintenir leur effort de jeu pendant 80 minutes. Ce plan de jeu n’était toutefois pas circonstanciel, mais bien la manifestation d’une mutation en profondeur du jeu montpelliérain qui est à l’œuvre en ce moment, comme le confirmait Vern Cotter : « Le jeu à hauteur, les passes main-main ou les offloads fonctionnent toujours à partir du moment où tu domines les collisions sur la ligne d’avantage. Cela permet de garder le ballon en vie. C’est un jeu que l’on développe ces derniers temps. Cela s’était déjà vu la semaine dernière contre Toulon, où nous avions pu nous faire des passes dans la défense. Bien sûr, il peut nous arriver d’avoir des périodes où l’on est moins adroits, où l’on jongle un peu n’importe comment avec le ballon mais cela se travaille facilement à l’entraînement. On peut voir, au fil des semaines, voir nos statistiques de passes augmenter sensiblement. » Un jeu qui pourrait s’avérer payant sur la pelouse synthétique et rapide de Newcastle, où les Montpelliérains se déplaceront dimanche…

Simon Valzer
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